Archives de Catégorie: Stories & Essays

Écrits de plus longue haleine et essais par MlleM

Let’s Make Up III

Mlle Mayhem take on Viktor & Rolf + Cavalli

Une brise saline souffle sur la petite île de Sériphos, perdue dans la mer Égée. Le temps commence déjà à se réchauffer et les rayons de soleil envahissent la petite terrasse où Hope termine son café turc. Par habitude, elle renverse la coupe et tente de lire son avenir dans les grains de café collés sur les bords de sa tasse. Le chant des oiseaux marins la tire de sa rêverie et elle attrape son sac de plage Huyana Allsaints Spitafields. Elle descend le petit chemin d’ardoise qui courre au travers un champ de graminées jusqu’à une plage de galets privée.

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Au loin, elle peut voir l’île de Kythnos et entre eux s’ouvre une mer saphir. Tout est incroyablement calme. Aucun voilier à l’horizon, aucune âme qui vive. Seule au monde, au milieu d’un paradis sauvage, Hope aspire une grande goulée d’air. Elle retire ses spartiates Dorothy Perkins et pose ses pieds sur les galets encore froids. Elle se débarrasse ensuite de sa chemise blanche Slub Jersey de James Perse, la roule en boule et la fourre dans son sac. Bientôt suivent ses petits shorts twilight sand d’AE et sa ceinture de cuir tressée Humanoid. Maintenant habillée de son maillot bandeau Chloé aqua, elle étire langoureusement son mince corps et détend ses muscles avant de s’approcher de l’eau.

Elle se laisse avaler par l’immensité de la mer et du ciel, perd toute notion du temps au cœur de cet endroit oublié du monde moderne. Elle nage sans se presser, laisse ses longs cheveux s’imprégner du sel et de la saveur particulière de Sériphos. Il approche déjà midi quand elle se décide enfin de sortir de l’eau. N’ayant pas emmené de serviette, elle remet sa chemise qui se colle instantanément à son corps. Elle glisse ses pieds dans ses sandales et entreprends de remonter la douce pente sans les attacher.

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Les anciennes bergeries transformées en maison d’été brillent sous le soleil maintenant cuisant. Le vent n’est plus assez fort pour rafraîchir la journée. Hope atteint finalement la demeure et balance entre l’idée d’une sieste dans le hammac à l’ombre du pin parasol et lire sur l’une des chaises longues avec un verre d’ouzo sur la mezzanine. Incapable de trancher, elle rentre à l’intérieur afin de brosser sa tignasse maintenant dure de sel. Face au miroir, elle ne peut s’empêcher de sourire en voyant son mascara Nars Orchidée Noire supposément à l’épreuve de l’eau étalé jusqu’à ses pommettes.

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La journée se déroule lentement. Tout est immobile et silencieux excepté le bruit que fait le livre lorsque Hope termine une page, étendue dans le hammac. Pas d’ouzo finalement. Il est quasiment sept heures quand Adrian revient enfin de sa rencontre d’affaire. Délicatement, Hope se libère de sa torpeur et accueille son amant. Ils auront des invités ce soir. Nana arrivera sous peu pour préparer le calmar frais de cet après-midi.

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Hope se réfugie dans l’une des sobre chambres pour refaire sa toilette. Le chaud soleil de Grèce a fortement cuivré sa peau. Elle étale sur tout son corps une lotion après soleil Golden Beauty d’Helena Rubinstein et opte pour un visage naturel, sans maquillage. Elle noue ses cheveux en une lourde tresse qu’elle attache en couronne sur le dessus de sa tête puis enfile une robe de soie couleur peau Willow d’inspiration grecque au dos complètement ouvert. Parfaite pour les chaudes soirées d’été. Elle glisse ses pieds dans des souliers Sergio Rossi, eux aussi couleur peau et sors juste à temps pour accueillir les invités à la cuisine extérieure.

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Au loin, le soleil se noie dans la mer et répand un sang doré, pourpre, azur sur le ciel et l’eau. Assise au milieu de ses convives Hope soupire de contentement.

Mlle Mayhem take on  Cavalli  Resort 2010 pour l’habit de jour et Viktor & Rolf  Resort 2010 pour l’habit de soirée:

Cavalli Viktor & Rolf

Inspiration côté décor vient de chez Marie-Claire Maison

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Let’s make up II

Mlle Mayhem take on Thakoon

 

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Le SUV s’engage enfin dans l’allée menant à l’hôtel Marataba et Hope pousse un soupir de soulagement. Le trajet de trois heures entre Johannesburg et l’hôtel fut pénible et le chauffeur peu bavard. Une dernière fois avant de quitter le confort climatisé du véhicule, elle vérifie son fond de teint à l’aide de son miroir compact, applique une dernière couche de rouge hydrabase rich coral de Chanel et attache ses longs cheveux bouclés en queue de cheval décontractée.

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Le décor est à couper le souffle. De grands arbres produisent un peu d’ombre autour du site, mais les environs sont couverts d’une steppe aride parsemée de petits arbustes tordus. C’est la fin de la journée et la lumière commence à prendre un teint doré. Hope imagine déjà les teintes mauves et roses qui entacheront le ciel et les montagnes au crépuscule. Un sourire lui vient aux lèvres.

Un coup d’œil à sa montre lui indique qu’elle est pile poil à temps; juste assez en retard pour qu’Adrian soit impatient de la voir et pas assez pour qu’il  soit agacé du délai. Elle enfile ses Clubmaster noires et accepte la main que le chauffeur lui tend. Elle glisse gracieusement hors du véhicule et atterrit sur le haut de ses Giuseppe Zanotti de 5 ½ ‘’ . Le soleil d’Afrique du Sud est puissant en cette belle journée d’été. Hope réajuste son sac Steve Madden et se dirige d’un pas décidé vers le lobby de l’hôtel. Ses longues jambes blanches font compétition au beige de ses shorts Labour of Love et le vent fait gonfler sa chemise Diza de soie noire. Elle s’imagine déjà allongée sur le bord de la piscine à se faire bronzer et siroter des cocktails exotique tout en travaillant sur son teint de bronze. Le court trajet du 4×4 à l’hotel lui fait déjà regretter le choix de ses souliers qui lui entaillent les pieds et elle rêve d’enfiler ses Margiela à semelle plate dès qu’elle sera installée dans la suite. Elle en est encore à ses souliers quand de grands bras fort la soulèvent du sol et la fait tournoyer à une vitesse folle. Adrian dépose Hope qui éclate de rire. Le préposé du Marataba sourit tendrement à la vue du couple qui s’avance, main dans la main, vers son comptoir. Entre temps le chauffeur a déchargé les valises de Miss Hawthorne et un valet prends soins des lourds paquets de luxe de la jeune héritière.

Alors qu’Hope signe les papiers nécessaire à son inscription, Adrian lui susurre des mots doux au creux de son oreille et dépose des baisers sur son cou. Dans un empressement enfantin, le couple se poursuit jusqu’à leur suite en criant et riant. À peine entré dans la chambre Adrian attrape Hope et lui retire son cardigan Alexander Wang et s’emmêle les doigts sur les petits boutons de sa blouse lorsque le valet arrivé avec les bagages de Miss Hawthorne les interrompt. D’une voix étouffée de fou rire, Hope demande au jeune homme de tout laisser devant la porte en lui promettant de le retrouver plus tard pour son pourboire.

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Mlle Mayhem take on… Thakoon, inspiré par la collection Resort 2010 du designer Thakoon Panichgul et l’incroyable hotel Marataba (où j’aimerais aller un jour…) en Afrique du Sud. Les liens vers les vêtements sont comme toujours sur Polyvore.

Let’s make up est une création de MlleM et ses personnages sont complètement fictifs, malheureusement.

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Chapitre 2: Le premier voyage (suite et fin)

La première partie est ici.

La caravane était en fait une série de bateaux marchands qui descendait ensemble vers la mer de Suen. Exactement comme une caravane terrestre, elle était conduite par un marchand de tête payé pour la protection des autres navires. Elle fournissait également nourriture et divertissement. Castair et moi joignirent une embarcation tenue par un marchand de tissus qui avait besoin des talents d’un copiste pour rédiger un contrat de vente. Le marchand, un petit homme rondelet et moustachu nous accueilli chaleureusement, il nous présenta sa femme, aussi rachitique que lui était bien portant. Celle-ci me faisait penser à un oiseau rapace et si on allure m’effraya au premier abord, Paliuli était une femme gentille et avenante. À part, Castair me dit que nous avions de la chance d’être tombé sur de si gentils hôtes. Voulant sans doute attirer les bonnes grâces de Maa-Alune, le couple nous hébergeait et nous nourrissait pour rien d’autre que quelques copies.

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Chapitre 2: Le premier voyage

Chapitre 2 : Le premier voyage

Maa-Alune choisit de créer les Ambres grand et minces avec des visages étroits et longs pour rappeler les formes du renard. Il donna à leur peau une teinte dorée, comme sa fourrure et des cheveux couleur cuivre fins et abondants. Dans leurs yeux généralement verts ou bleus il alluma un éclat vif et joueur.

Le dieu-renard enseigna à son peuple jeux d’adresse et de logique. Il fonda une civilisation basée sur la vivacité d’esprit et la saine compétition. Les Ambres se révélèrent des élèves doués et avides de connaissances. Ils vénéraient Maa-Alune qui en retour leur offrait protection et leur apprenait autant de choses diverses que l’élevage de troupeaux, la lecture et l’écriture, la pèche et la construction d’édifices complexes. C’était l’ère de l’Équilibre.

Les peuples de Thunor et Maa-Alune prospéraient, s’enrichissaient et se développaient vite et bien. Les dieux établirent des routes commerciales et fixèrent des frontières communes. Puis, un autre dieu fut expulsé d’Arcadie et banni des Mondes Supérieurs ; Nuada.

Nuada, le dieu-guerrier, fit la rencontre de Maa-Alune et celui-ci à l’image de Thunor quelques siècles plus tôt, lui montra les merveilles de sa civilisation. Nuada fut impressionné par le travail de Maa-Alune et s’en fut trouver une terre pour commencer son travail.

Le dieu-loup partit au nord du Centre du Monde mais n’y découvrit qu’une terre plate recouverte d’un sol sablonneux et d’une herbe rêche. Il continua de marcher, toujours au Nord, mais ne découvrit pas de meilleure terre et aucune autre civilisation. Nuada s’arrêta alors de marcher, furieux de ne trouver ni belles montagnes, ni étendue d’eau limpide, ni bois odorant où loger son peuple.

Dans le cœur de Nuada germa alors une jalousie noire et sauvage envers Thunor et ses immenses montagnes protectrices et Maa-Alune et sa terre fertile et ses eaux azurs. Il s’installa sur la terre sablonneuse et entreprit de bâtir un peuple fort et puissant. Ainsi naquit, dans la rage et la rancœur le peuple de Corinthe.

Les Corinthiens devinrent de valeureux guerriers et des chasseurs hors pairs. Nuada leur enseigna les secrets des métaux et ils créèrent des alliages résistants et souples. Les Corinthiens se montrèrent aimables avec les Ambres au début, mais développèrent rapidement un esprit de compétition avec leurs voisins. Éventuellement, Nuada et son peuple déclarèrent ouvertement vouloir acquérir la terre d’Ambre.

L’ère de l’Équilibre prit fin lorsque Nuada lança sa première vague d’attaques massives contre le peuple d’Ambre et son dieu protecteur.

– Extrait de La Naissance d’Ambre par Salem le Pieu

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Menuo – WIP

Ça faisait maintenant un bout que je voulais mettre en images ce qu’il y a dans ma tête. Dessiner comment je vois les personnages d’Ambre. J’ai tenté plusieurs trucs sans jamais trouver le bon style encore moins l’apparence en tant que telle. Finalement aujourd’hui après 20 000 croquis et bases de teint, j’ai réussi à assez bien cerner Menuo, mon personnage principal. Certes, vous ne l’avez rencontré qu’à l’âge de 8 ans, mais en fait il a 18 durant la majorité de sa quête. Donc voilà le jeune homme:

menuowip 

C’est loin d’être terminé, mais je tenais à vous montrer mon WIP. Pas mal hein? Moi je trouve qu’il a une belle bouche…. *baaave* 😉

EDIT: Je l’ai terminé! Pour voir le résultat final, cliquez sur le lien ci dessous.

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Déclic

Oh oui! J’avais un petit blocage créatif concernant Ambre. J’avais une idée, mais je n’arrivais pas à l’articuler de manière à ce que ça fitte dans mon récit. Je ne veux pas trop vous en dire parce que ça serait vous gâcher la surprise, mais c’est expliqué dans l’intro du 3e chapitre…

Je vous laisse sur un mot: Aruvandil. Nice, hein?

Ok ok, je sais que ça vous dit surement rien du tout mais bon. Aruvandil c’est quelque chose de vraiment très très hot créé par Maa-Alune. 😉

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Chapitre 2? Feedback?

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Chapitre 1: Castair

Chapitre 1 : Castair

Selon la tradition d’Ambre, les moines qui aspirent à devenir prêtres et finir leur apprentissage doivent partir en quête initiatique durant une année complète. L’Ordre du Temple leur donne comme mission de parcourir Ambre et de recruter une fillette ou un garçon qu’ils doivent ramener avec eu à Mikelis. Les moines quittent pour cette quête vers l’âge de vingt ans et prennent alors le titre de « moine ambulant ». Cette année est non seulement une quête, mais est aussi une occasion pour les moines de sonder leur cœur et de quitter l’Ordre s’ils ne désirent pas poursuivre leur apprentissage. Faire parti de l’Ordre est bien vu du peuple d’Ambre, mais les moines qui quittent l’Ordre sont également assez bien acceptés dans la société. Les moines ambulants qui défroquent sont souvent accueillis chez les nobliaux ou dans le service des villes. Leur savoir est hautement estimé et ce dans divers domaines allant de l’écriture à la diplomatie et au commerce.

Les moines qui trouvent un jeune Ambre à recruter peuvent revenir au temple pour y être nommé prêtres. Tous les moines de Mikelis sont éduqués aux lettres, aux mathématiques, à la philosophie et à la chimie. Seuls les prêtres sont initiés au Contrôle du Corps et de l’Esprit ainsi qu’au Iaso, une technique de combat gardée secrète basée sur l’intuition du corps et à la prémonition.

Ultimement, les moines ambulants et les prêtres cherchent à dénicher des Oracles qui aideront les rois et la population d’Ambre à maintenir leur puissance dans le Monde Temporel. Les Oracles ont une place bien particulière dans la société Ambrienne. Par certains égards, ils ont bien plus respectés et puissants que le rois et ses ducs, mais ils sont aussi vu comme des prophètes de malheur car leur science est souvent inexacte.

Néanmoins, les Oracles ont un rôle primordial parce qu’ils servent à prévoir et protéger Ambre des attaques lancées par les Esprits Puissants qui sont toujours en colère contre Maa-Alune. La visée ultime des Oracles est de redonner l’accès à Arcadie aux âmes d’Ambre en rachetant la faute commise par Maa-Alune bien des siècles auparavant.

Dans tout l’Ordre, seuls les Oracles n’ont pas le choix de leur destiné et ne peuvent quitter Mikelis sans subir le rejet de toute une société.

-Extrait de l’Étude sur l’Ordre de Mikelis par Mènuo Andradae

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Ambre ou livre sans titre

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais j’ai mentionné (ici et ici) que j’écrivais, ou plutôt réécrivait, le récit que j’ai écrit quand j’étais au secondaire. Bien que je sois loin d’être assidue, le projet avance petit à petit.

J’ai d’abord décidé de fusionner plusieurs idées de récits que j’avais en tête pour n’en faire qu’un plus complet. J’ai commencé par écrire un plan d’écriture – oh ! oh ! une première dans mon cas ! – et organisé mes idées. Au moins, je sais où je vais, cette fois.

Ce n’est pas tout, comme c’est une histoire fantastique – je vous l’avais dit que j’étais geek !- et que c’est un monde complètement inventé, j’ai écrit les grandes lignes de l’histoire de mon pays / monde pour que les choses soient un tant soit peu facile à suivre.

J’ai aussi fait mes fiches de personnages, je vous dit, tout le kit ! Quand je dis que le projet avance petit à petit, c’est vrai, so far so good, je viens de terminer le chapitre… 1. Mieux que rien vous dirais-je !

J’aimerais beaucoup savoir ce que vous pensez de ce que j’ai fait jusqu’à présent. Si vous avez des idées, des questions, si ce genre de livre vous intéresserait. Je pense aussi ajouter des fiches imagées de mes personnages au fur et à mesure que je vais les peaufiner. Pour toutes ces raisons, je créée un nouvel onglet à mon blogue (en haut) qui se nomme Ambre ou Livre sans titre. Tous les nouveaux billets qui toucheront ce projet se retrouveront là. N’hésitez pas à me laisser des commentaires, j’aime beaucoup avoir du feed-back et de la critique constructive.

On commence tout de suite avec le prologue ! Allez allez on lis !

P.S. J’ai opté pour la forme au « Je »

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Prologue

Prologue

Bien avant la création d’Ambre, le dieu-magicien Maa-Alune résidait parmi les autres Esprits Puissants dans l’harmonieuse citée d’Arcadie au cœur des Mondes Supérieurs. Un jour, le dieu-renard eut l’audace de perturber le Grand Calme de la plus belle des cités. Les Esprits Puissants en charge de la paix d’Arcadie furent hautement agacés par le comportement du dieu-magicien et n’eurent d’autre choix que d’expulser Maa-Alune et le condamer à l’exil dans le Monde Temporel.

Le dieu-renard atterrit au Centre du Monde ; coupé d’Arcadie pour toujours. Ne sachant que faire, il se mit en marche afin d’explorer sa nouvelle prison. Il traversa vallées, montages, rivières et déserts intouchés. Il marcha longtemps, sans s’arrêter, jusqu’au jour où il rencontra le dieu-guérisseur Thunor.

Thunor avait été expulsé d’Arcadie bien des années avant Maa-Alune. Le bienveillant dieu-corbeau emmena Maa-Alune au creux des montagnes, là où il résidait. Thunor dévoilà à Maa-Alune la civilisation qu’il avait créé grâce aux maigres pouvoirs qu’il lui restait. Sous les yeux bienveillants du dieu-corbeau, les Babyloniens vivaient paisiblement dans une merveilleuse cité sculptée à même les montagnes.

Inspiré par l’œuvre de Thunor, Maa-Alune descendit des montages et partit à la recherche d’une terre qui se plierait à ses désirs. Il revint sur le chemin déjà parcouru, retraversant vallées, montagnes, rivières. Il choisit une portion de terre qui s’avançait entre la mer de Damuzi et la mer de Suen. La terre y était argileuse et riche, de vastes steppes couvraient le sol d’une herbe tendre au nord et le sud était piqué de montagnes escarpées enveloppées d’une forêt épaisse au sud. Maa-Alune entreprit donc, sur cette terre au Centre du Monde, de créer le peuple d’Ambre.

– Extrait de La Naissance d’Ambre par Salem le Pieu

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Le bateau tangue sous les assauts déchaînés de la mer de Suen. Une tâche d’encre s’étale sur mon vélin et le papier boit avidement mes écrits. Voilà une partie de plus à recommencer. Je me prends la tête dans les mains et soupire de frustration. La faible lumière de la lampe suspendue au dessus de ma tête tremblote lorsque qu’une bourrasque d’air froid entre en même temps que Veroé. Ses longs cheveux noirs et ses vêtements dégoulinent de pluie, mais sur son visage s’étire un sourire radieux. L’air de la mer et ses tempêtes lui va bien. Devant mon expression morbide, son air triomphal se transforme en moue inquiète. Son regard se pose sur la pile de papier éparpillée sur mon bureau et sur le gaspillage d’encre.

-Tu es bien décidé, n’est-ce pas ?
-Oui, mais je n’avance pas vite. Le bateau… »

Je laisse la phrase en suspends alors qu’une brusque secousse fait trembler notre navire. Veroé s’accroche à la petite table. Avec un soupir agacé elle relève la tête et plante ses yeux noirs dans les miens.

-Tu es sur que c’est ton travail d’écrire tout ça ? Ne peux-tu pas tout lâcher enfin et te donner tout entier à cette nouvelle vie qui s’ouvre devant nous ?

Elle pétille de détermination et de liberté folle. Ni la promiscuité, ni la température de chien, ni mon humeur sombre n’arrivent à tarir son envie d’affronter le monde. Je reste ainsi à l’observer un moment. Elle rassemble ses cheveux pour les tordre puis se secoue comme un chien pour enlever ce qui reste d’eau. Ses gestes sont vifs et précis, elle déborde de vie. Je soupire encore une fois. J’aimerais tant ne plus sentir d’attaches comme elle.

-Il est tard. Nous devrions nous coucher. Tu as l’air épuisé. Tu reprendras ton travail demain, si tu y tiens.

Elle m’arrache la plume des mains et elle entreprend de ranger les pots d’encre et les vélins encore vierges. Elle chiffonne d’un geste déterminé ceux qui sont tâchés. Entre temps, je m’installe sur le minuscule lit que nous devons partager. J’enlève mes bottes, puis mes chausses et ma chemise. Je ne suis pas sorti dehors aujourd’hui, mais je suis tout de même trempé. Satané humidité.

Veroé me rejoint après avoir étendu ses vêtements sur une petite corde à linge dans l’espoir que ses vêtements sèchent un peu. Elle se roule en boule contre moi en frissonnant. Elle soupire plus doucement :

-J’aimerais que tu sois complètement avec moi.
-Je sais. Mais si je ne le fais pas, qui le fera ?

Veroé hausse les épaules. Non. Il faut que je raconte.

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