Archives de Catégorie: Questionnement

Textes difficiles à classer. Mes questionnement par rapport à tout plein de choses.

Chasing Tails


Je ne sais pas si c’est ce Malbec d’un violet sombre qui me susurre soudainement des mots que je n’utilise plus, ou encore si ce sont les mots superbement agencés de Capote qui me font verdir de jalousie ou si c’est simplement le temps qui passe et un nouveau cycle qui commence, mais il me semble que je me sens renaître. Et en renaissant, je me rends compte que je ne me connais plus. Je lis mes archives et j’ai peine à reconnaître la jeune femme à la prose, la pâtisserie dans le rôle d’un homme et de son ami en femme. Je ne parle plus de moi ici.

On dirait que je me cache derrière tout ce que le monde fait mieux que moi. J’ai toujours eu cette tendance, mais elle me semble dominer mes écrits, si l’on peut encore appeler ça comme ça. De brefs messages. Ils ne sont pas vides, non, ce n’est pas vraiment le terme. Ils sont ne sont pas moi. Je ne sais pas si je fait un tant soit peu de sens. Et toi? On se connait? Je me rends compte qu’on ne se parle jamais. Je ne vous parle plus.

Je viens de réaliser que j’ai oublié une petite partie de moi dans un tas d’incertitudes qui n’ont pas raison d’être. Certes, je suis consciente d’avoir âgi, mais justement ne serait ce pas la belle occasion de montrer toutes mes teintes possibles?

Et tu sais quoi? Ce discours je l’ai déjà eu des milliers de fois, avec moi même, avec toi, les autres.

Le serpent qui se mord la queue.

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Mise au point

Je relisais mes derniers billets et c’est drôle comme on dirait que j’aime absolument tout, sans distinction. Que je me jette tête première dans toutes les passions, toutes les admirations, changeant de Dieu à toutes les 5 minutes… Eh bien, la première impression est fausse et la seconde vraie !

Je me considère comme une personne très critique, sévère, même. Je me souviens en français I au Cégep, j’ai écrit une critique sur un film que je n’ai pas aimé et le professeur a pris un moment pour lire un extrait de ma critique virulente aux autres élèves. Tout ce qu’il a pu dire après c’est : Maudit que j’aimerais pas être à la place du réalisateur, j’fondrais en larmes ! Ou encore d’un éditeur qui m’a dit que j’étais trop douce, qu’il aimerait voir mes griffes, pour le spectacle, mais comment sortir ses griffes et sa langue de vipère quand on aime le sujet sur lequel on écrit ?

J’ai un goût sans ambivalence et ce même si j’aime beaucoup de choses, beaucoup de styles. Et croyez moi, il y a beaucoup de choses que je n’aime pas !

Mais sur ce blogue, je parle seulement de ce que j’aime. Je m’arrête seulement sur les choses qui valent que l’on s’arrête. Biensur, j’ai des moments d’intense frustration où j’ai besoin de laisser sortir la pression quand je vois des trucs horribles ou purement ridicules (ici et ), mais pas de façon générale. Ici, c’est un coin pour la beauté, simple, pure, parfaite, agressante. Je veux un flot de puissance créatrice, une avalanche de stimuli.

Bref.

J’avais besoin de mettre ce point au clair.

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La Peur

mercy_by_cherubicka
J’ai un peu peur.

Ma tête, vous savez, j’ai fait une vilaine commotion cérébrale à la fin de l’été dernier en me cognant bêtement la tête contre la statue de l’Homme. Ça m’a fait vachement mal. J’ai été dans les vapes une semaine et comme ça ne partait pas, je suis allé à l’urgence. On m’a dit de me reposer et de me bourrer aux Advils. Durant une semaine je n’ai rien fait. Je suis restée couchée à lire un peu et à dormir le reste du temps. Quand je suis retournée à l’hôpital, on m’a fait un scan, tout était ok, pas de question, pas de conseils, on me scrute redoutant une faker et on me renvoie au boulot.

Mal intense qui perdure. J’ai mal à la tête dès que je pense. Mes lunettes sont trop fortes pour moi etc. Je décide d’aller chez le chiro. Cric ! Crac ! Ça va beaucoup mieux. On me renvoie chez moi et ça va au boulot.

Fin de semaine à Québec au début du mois dernier. C’est la joie, tout va bien et tout d’un coup ma sœur m’assène un massif coup de tête par accident sur ma petite tête fragile à moi. Je suis sonnée, personne ne me prend au sérieux. J’ai mal, tout est brouillé et le simple fait de penser me donne l’impression que mon cerveau va me sortir par les narines. Je ne prends pas de chance et je vais tout de suite chez le chiro. Cric ! Crac ! Ça va un peu mieux, le mal de tête diminue et finit par s’atténuer et ne revient lorsque je passe de longues heures à peinturer

Fin de semaine dernière, je vais me faire masser pour la première fois et ça me relaxe. Tout va bien, puis la masseuse commence un massage visage et presse doucement sur ma tête. Et là, sans crier gare, je sens mon esprit se brouiller et ma tête m’élancer. Elle n’a fait que presser ! Je me force à relaxer, je me dis que ça va passer. Je prends des Tylenols et essaie de ne plus y penser. Le reste du week-end passe bizarrement. J’ai l’impression d’avoir une gueule de bois, la lumière m’irrite, j’ai de la misère à penser et dans les pires moments, j’ai l’impression qu’une partie de mon visage va se désagréger. Je passe une bizarre de journée, Lapin me demande sans cesse si je vais bien, je semble ailleurs, mais je ne pense à rien.

Aujourd’hui j’écris tout croche et j’ai envie de pleurer tant la pression dans ma tête est forte. J’ai terriblement peur. Je ne sais pas quoi faire. Si c’est seulement une commotion cérébrale, il n’y a rien à faire, je sais. Si je n’ai pas d’écoulement de sang dans la tête, rien à faire. Ils ne verront rien de toute façon. Comment une simple pression peut déclencher autant de dérèglements dans ma tête ?
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Mercy par Cherubicka

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À propos d’un avenir

I ate a taxi

Il y a quelques semaines, je me suis surpris à rêver. Une connaissance m’a proposé de me former en retouchage photo et de me faire travailler à temps partiel sur des shootings que produira l’agence qu’il tente de mettre sur pieds. Étant lui-même photographe plutôt doué et ayant comme relationniste une de mes bonne amies, j’avoue que l’idée était plus que tentante. Assez pour me dire que si c’était au moins aussi payant que le travail que j’ai présentement, je serais prête à laisser ma job demain pour plonger.

D’abord, il a prévu une journée de formation, mais j’ai du annuler à la dernière minute ; mon estomac avait décidé de faire des siennes et j’étais terrassée de fatigue. Il m’a dit qu’on se reprendrait, qu’il n’y avait pas de problème. Bon, ok. Je lui reparle pas longtemps après et il me dit qu’il me revient pour me dire si il ne pourrait pas me former dimanche dernier, mais je n’ai pas de nouvelle. Bon, ok. Nous sommes jeudi et c’est toujours le silence radio. Ai-je manqué ma chance ?

Aussi, je viens de voir un travail de retouche fait par l’agence et ça m’a laissé un goût amer en bouche. La photo en tant que telle est vraiment bien, mais la retouche est, pas super ! Les pupilles de la fille (précisément mon amie) sont carrées… 😐

Ça m’emmène à me reposer une question sérieuse. Quand j’ai quitté la photographie, c’est parce que ça m’empêchait de me laisser aller dans ce que j’aime dans la photo ; la spontanéité et le naturel. Je suis une romantique, je suis du style beaux-arts et c’est pourquoi je n’ai pas pu continuer en photographie professionnelle. Si jamais on m’offre encore la place, vais-je être capable de faire… ça ?

P.S. Je ne vais jamais accepter de faire des pupilles carrées.
P.P.S. J’adore retoucher et j’aime aussi beaucoup les choses très plastiques, mais je pense que je suis difficile. Ou plutot, je sais ce que j’aime.


I ate a taxi par Gülçin Aslan

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Concupiscence, vanité et art

natalia 2

Je sais, j’en ai parlé un peu dernièrement, mais je ne suis toujours pas sortie de cette phase de découragement devant la médiocrité, la concupiscence et la vanité des self-proclaimed artists de notre temps. (D’ailleurs, William Von Snakes faisait très bien écho à mon état d’âme).

Toute cette bullshit d’artistes point and shoot et de lèvres entr’ouvertes, de drogue et de merde dans laquelle ils se roulent et ensuite se plaignent, toute cette vision pourrie de trash girl, de stilettos et d’alcool à l’excès. De vide. De tristesse pastiche. De misère de papier. Tout cela c’est… décevant. Est-ce cela l’avenir de l’Art ? Une vision boulimique préfabriquée que l’on avale de force pour revomir sur mixed media ?

Non.

Un artiste c’est un cœur pur qui s’égratigne pour vrai contre le mur de brique. C’est une toute petite voix chevrotante qui ne sait pas vraiment où elle va, mais qui va parce que dans le fond c’est ça créer, c’est ne pas savoir pourquoi on ne peut s’empêcher de faire autrement. C’est des joues envahies par la gêne quand on lui demande c’est quoi sa vision de l’Art et qui a peur de mettre des mots sur ça par crainte de faire peur de lui faire peur, à l’inspiration. C’est un bonheur caché et humble de faire ce que l’on sait qui est juste. Ça peut faire mal, mais jamais autant mal que de ne pas le faire. Un artiste c’est vrai et je ne vois pas beaucoup de vrai dernièrement.

Je suis triste parce que les artistes meurent sous les détritus.

Natalia 2 par MJ qui a tout du vrai.

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A propos de croyances

Office Divin

Je n’arrive pas à comprendre ces institutions (et ces gens) qui se bornent à tout progrès. Parce qu’on s’entende, nous parlons bien de progrès et non de perversion! À quoi bon toujours faire comme nous avons toujours fait si cela nous réussit si mal?

Je suis en exaspération constante contre l’église Catholique qui, ce matin encore, m’a prouvé qu’elle ne mérite pas moins que ma désolation devant tant d’abrutissement.

08/07/2008
« A l’issue d’un débat passionné entre libéraux et traditionalistes, le Synode de l’Eglise d’Angleterre, l’Eglise mère de la communauté anglicane, réuni à York, a voté lundi soir avec une majorité confortable en faveur de l’ordination de femmes évêques. (…)

Réagissant à cette annonce, le Vatican a exprimé mardi son « regret », estimant qu’elle constituerait « un nouvel obstacle à la réconciliation » entre les deux Eglises. »

Je dirais comme Dany Laferrière qui disait, réagissant à ce même nouvelle : «Y’a pas une expression qui dit : Mêlez vous de vos oignons? » Exactement! Je ne vois pas pourquoi l’Église Catholique se fourre encore le nez dans les affaires de l’Église Anglicane étant donné que la scission s’est faite au 16e siècle.

Enfin bref, je ne vais pas me lancer non plus sur le débat plus que futile sur la nomination du Dr. Morgentaler à l’Ordre du Canada et de tout la tôlé que les gens pro vie (y compris, évidement, notre chère Église) mènent.

C’est drôle, parce que je dois dire qu’étant plus jeune j’étais non seulement catholique, mais pratiquante. À tous les dimanches ou presque, j’allais à la messe avec mon père. Nous marchions jusqu’à l’église qui était à moins de 10 minutes de marche, puis nous revenions à temps pour le brunch dominical que ma maman nous avait préparé. Je suis allé à la messe jusqu’à l’âge de 13 ans. Ce qui est, je pense, relativement vieux pour ma génération. De ma famille de 5, il n’y avait que moi et mon père qui allaient assister à la messe.

Je ne peux pas dire que j’ai « cru » en l’Église durant ce temps, je ne savais pas vraiment ce que cela représentait. Par contre, je croyais très certainement au bienfait qu’apportait la prière (que je ne pratiquait que le dimanche) et le recueillement dans un lieu où tout le monde est uni dans ce même état de grâce et de paix intérieure.

Maintenant, il faut comprendre que notre curé était un homme exceptionnel. Aucunement à l’image de l’Église Catholique. C’était un homme de taille moyenne, mais imposant par son poids. Il faisait souvent des blagues sur ce surplus de matière, d’ailleurs. Pour cet homme, il n’y avait tout simplement pas de réconciliation à faire avec l’Église Anglicane; parce qu’il n’y avait jamais eu de coupure.
Je dois vous mettre en contexte parce que je parle de quelque chose de relativement complexe. La ville où j’ai grandi est une ville moitié anglaise et moitié française. Ajoutez à cela aussi très croyante. Dans mon petit village, il y avait une église catholique, une église anglicane, L’abbaye de Rougemont qui est une abbaye cistercienne dédiée à Notre-Dame de Nazaret, les pèlerins de St-Michel et finalement Les Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée. Ça fait beaucoup de monde croyant pour une ville d’environ 2300 personnes…

Donc, comme je disais, pour notre curé, tout ce beau monde faisait partie de cette même belle famille. En fait, pas seulement notre curé, mais bien pas mal tout le monde. Il n’était pas rare de recevoir LA curé de l’Église Anglicane pour nous parler de la Bible et bla bla bla. Rougemont étant également une ville très « Country » nous avions même droit Ave Maria et au Notre Père chanté par une vraie de vraie chanteuse country. À ma connaissance, nous n’avons jamais eu de problèmes d’accommodement DÉraisonnable et tout le monde vivait dans la joie et l’allégresse. Alléluia.

En grandissant, je me suis rendu compte que l’Église Catholique, sa vision et tout le tralala, était plutôt loin de l’image que je m’étais fait de cette religion. J’ai tellement été dégoûtée par ce que j’ai appris que j’ai rompu net avec toute religion en général.

Voilà la belle histoire de ma spiritualité. Je ne voulais pas écrire un si long texte. Je voulais plutôt parler de la nouvelle, mais ça s’est plutôt muté en témoignage. Toutes mes excuses. Allez en paix, mes enfants.

Église Anglicane

La toune mignonne église Anglicane de Rougemont.

Image du haut tirée du site de l’Abbaye

Article tiré du LeVif de Belgique. Article complet

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Versus

VS

C’est tout drôle comment on se sent quand une partie de sa vie qui se termine et quand une autre commence. Il y a toujours ce moment de flottement incertain, terrifiant, mais terriblement énergisant, quand on nage entre deux étapes.

Ça serait énorme de dire que c’est Harry Potter and the Deathly Hallows qui a terminé cette étape, je ne suis pas accrochée à ce point, mais c’est tout de même étonnant comment les choses arrivent ensemble. La même chose est arrivée voilà un an quand j’ai terminé une autre série qui m’a suivi tout le long de mon adolescence, juste avant de quitter le CEGEP pour un an. Et là, c’est Harry Potter qui sonne la fin de cette année pas vraiment sabbatique et mon déménagement.

C’est un peu comme si en refermant la couverture du livre, je passais consciemment à la suite des choses. C’est un peu ridicule, mais je n’ai pu m’empêcher d’avoir un sourire solone quand j’ai terminé le livre, les yeux plein d’eau, mais le cœur profondément ancré dans mon corps.

Ça m’emmène à penser à ce que je vais faire avec ce blog. J’ai déjà tout redécoré, mais je n’arrive pas à le remplir de manière satisfaisante. D’habitude, changer son apparence faisait l’affaire, mais là non. La nouvelle collaboration avec Superlaser étant maintenant établie, je ne parle plus de mes découvertes musicales. L’autre projet étant vraiment plus intéressant qu’un blog à un seul collaborateur.

Par contre, je n’ai pas envie de le fermer, parce que j’aime ce petit espace vague, intangible, sans saveur ni odeur. J’ai envie d’écrire, mais les mots me viennent plus vraiment de la même manière. Il y a tellement de changements dans mes archives que les relire me trouble un peu. Depuis deux ans, j’accumule des mots, des idées et des émotions. Je n’ai jamais utilisé les pages comme un journal, préférant faire passer mes trucs personnels sous formes de nouvelles. Un peu comme une protection contre l’extérieur. Un peu contre moi aussi.

Bref, je me demande quelle direction je vais prendre maintenant. Si parler de trucs plus concrets aiderait la sensation de vide qu’il y a ici. Si je me risque à parler de moi. Et si je parlais de ma désastreuse glissade avec E? Où encore de ma rencontre avec S. ou du souper incroyable avec D, S et A. Est-ce vraiment intéressant? Est-ce que je suis rendue là?

Je n’ai pas envie de donner dans le journal intime, je ne pense pas que c’est la place pour le faire. Mais en même temps, je lis d’autres espaces et j’aime les gens que j’y découvre. Je vais essayer de créer un hybride, on verra si ça va marcher. Au pire je me pète la gueule. Non?


Dessins par Makani, super-fan de Harry Potter

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