Archives de Catégorie: Poésie

Textes en prose écrits par MlleM

Séisme

Cette ecchymose qui enveloppe de filaments andrinople, cramoisi, cérulé, puis éventuellement pers et ambré ma matière nuageuse brouille toutes mes envolées. Je me perds dans les dédales furtifs des mots, pensées, je mélange mes sens. Je ne me souviens plus si je sens ou je vois. Si je goûte ou si je pleure. Mon œil tourne, le gauche, l’autre n’a plus besoin de lunettes. Le sang coule de mes yeux, saoule mes dents. Le sang coagule dans mon esprit et je me sens enfermée, prise au piège par mes cauchemars attardés, aculée par des séquelles débilitantes, forcée de boire un vide plasmique. Je me sens sacrifiée aux étoiles, martyrisée pour une ombre absente. On me craque et on me vole. Je dors au volant, l’esprit brillant d’un froid mordant, brillant d’absence. C’est mon intelligence triomphante et mon talent agile, ma langue et mon amour reptile qu’on m’a emprunté. Je ne suis que masse d’intestins sulfureux, que visage sans maquillage. Réparez ma tête, je vous en prie.

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Cinabre

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Ainsi mon être se déploie en ramures multicolores. Mon pourpre s’étale dans la neige seule et le verre brisé s’enfonce dans ma cornée puis ma rétine pour y graver des abstractions de cruauté. L’encre de ma langue s’élance comme un jet de milliers coquillages laqués. L’eau s’infiltre dans ma bouche cassée, mes oreilles et mon nez cinabre. Une valve s’ouvre enfin en moi et la crue emporte tous ces remords sucrés et ces breloques scintillantes accrochées à ma carcasse éplorée. La ligne de ma bouche, belle et sérieuse, te dit de chasser larmoiements cousus. Le diadème de mon dos éclaté me confirme que chaque spondyle a répandu sa moquerie nocive comme autant de cauchemars horrible et dégoulinants. A ma main, un anneau de tempête et à mon cœur, un vilain pied de biche doré me transperçant de part en part. Je me meurs, comme à toutes les fois où je m’imagine poétesse et toi tu me crois, les yeux laiteux, les yeux vrais, alors que ma main retombe languide. Féline. Suppliciée.


You Are The Perfect Drug

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Inconscient

inconscient

Te tuer à coups de poésies, comme un claquement sourd de cuir passant sur une neige d’albâtre. Tu me déshabilles lentement par les quiproquos obtus de notre relation acide, un peu comme les grognements hostiles des chiens aveugles et tricheurs. Des mains aux longs doigts fins s’infiltrant dans les moindres fissures, enrobant de riche soie les cauchemars inassouvis de ma langue agitée. Des lèvres et du sang sur mon corps inadéquat, un constat glacé plaqué contre ton cou. Sept enfants qui courent en longeant les murs, évitant mes éventails et mes pleurs bicolores. Quelques pas dans la mauvaise direction.

Un souffle carnassier contre les crevasses brûlées de mon épine dorsale, un étouffement jugé trop théâtral contre mon coude. Poussée dans le gouffre, cerfeuil et poudre féroce dans les cheveux, je lance mes bras à la rencontre de ton visage. Suspendue dans les étangs noirs, à la merci des cases lumineuses et hiérarchiques, jamais te rendre un baiser ne sera plus dangereux. Tremblements de terre et copie photographie monochrome en boucles et ellipses. Une autre fois. Non, je ne fais que m’étendre contre le ciel pour le sentir respirer.

Ils abattent parfois les chiens malades.

Pour Marc-André parce qu’il me l’a demandé

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Derrière la fonte

Dois-je me risquer à t’approcher, fantôme incadescent? Brûler mes idéaux me terrifie à m’en blêmir les rêves. Je sens ta présence opaline au coin de mon oeil, comme une larme persistante, mais je n’arrive pas à te faire fuir. Tu es là, rôdant comme un éventail cassé aux contours de ma conscience. Tu rugis des arbres plein, des verres vides. Malgré ton apparente chanson, le fossé des saisons me bloque et me retranche derrière mon âge. Cela t’arrête-t-il, violon arabe, glisses-tu à mon opposé car je te semble si grande? Ferme les yeux et il n’en sera pas ainsi. Les nuages s’enroulent autours de tes doigts, tes ongles griffent les étoiles tristes. Oh! Bien-Aimé noir, le temps s’écoule et s’écroule et les jours se ternissent et terminent. Tu n’as qu’un mot à souffler et je distille mon être.

Il commence à fondre dehors, tu me donnes ton numéro?

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mes quatre fanés

D’immenses maisons de brique brulent à l’unison des trompettes de cristal. Il fait noir et les flammes lèchent sensuellement le ventre du ciel piqué de petits yeux. La chaleur du brasier réchauffe la lourdeur des lances d’eau volatile. L’épaisse fumée gonfle et se dénoue comme une épaisse chevelure d’argent sombre. Elle étend ses ailes vers la mer et les ruisseaux de givre. La lumière blonde et puissante comme le cri des oies farouches repousse les pierres de noirceur accumulées ici et là. La danse des fanions bigarades gagne les fenêtres sales. Le fracas et le grondement de la colère des bois mugit leur douleur dans l’apparent silence du royaume de la sorgue. Les arches plient, ondient, s’embrasent sans résistence. Le monstre avale, jamais satisfait et désireux de lueur rouge, écarlate, amarante, jais!

Fracas centenaire, fossile énorme mouvant et mugissant de vieillesse. Les montagnes exessives roulent avec une lenteur lascive sur les plaines riches. Le longs corps majestueux fait l’amour à sa propre matière bistré dans une splendeur aveuglante. La fourrure herbeuse comme manteau vivant couvre les chairs plombées de la splendide sphère antédiluvienne. Force incroyable au désir important, rien d’inélégant ne survit sous sa main draconnienne. Malgré une volonté massive, l’astre de rocaille s’est fendu, dénudant son sang cendré. Interminables vallées, chaud déserts pâles, sylves colorées, froideur bleue en couronne, le plus grand des êtres se meurt pour ses enfants!

Volute charmante et éphémère. Zéphyr entêtant qui chatouille les nuages volumineux. Matière impalpable et présente, joueuse et capricieuse. D’une longeur fantasque, le chimérique borée transporte les saveurs de sa cousine de glaise. Sa douce guise fait plier les roseaux de bonheur alors que sa fâcherie expatrie les demeures de ciment ainsi que les saules aux cheveux emmêlés. Folâtre est le plus discret des ainés, il se glisse sous les jupons junéviles ainsi que dans les orifices des chasmes pour pépier harmonieusement les plus beaux cantiques. Jamais Homme n’a pu le capturer. Sauvage est louise lorsque les voiles l’implore. Mordant peut être son discourt lorsque la neige suit son passage. A jamais décoloré, l’aquilon cherche le repos en courant sur la mer et la terre.

De tous les aieuls, les remous du cobalt sont les plus terribles. Toujours assoifé de talion, la dame ardoise dicte sa volonté partout ou la surface est arrondie. Elle englobe sa mère et lui arrache des pensées. Elle rejette sur les débris les chapitres qu’elle n’aime pas. Sa chevelure ivoirine s’éparpille sur son corps cyanosé alors que celle-ci danse sans jamais vouloir s’arrêter. Son chant est cristalin et ses pleurs réjouissent tous les contadins. Toutes les abîmes désirent remonter dans les nuages pour courir une fois de plus sur les veines de Mère. Jamais sujet ne pourra rester immobile et vertical lorsque sa soif de menuet bleu devient plus forte que la volonté de son amie. Foehn ne refusera jamais une danse cadavérique dans les champs de l’astre avec elle. Mais par dessus tout, son affluence sera encore porteuse d’âme lorsque tout sera terminé.

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Homme des neiges

Comment ta présence multicolore peut-elle chanter un si séduisant requiem sans même tendre des mots tressés? Les rares confettis miroir que tu lances collent à ma peau évasive. Je me retrouve habilement noyée par les yeux insubtentiels. A peine t’ai-je vu traverser la fenêtre de neige que mon corps s’est enchaîné à la montagne de vagues à couronne blanche qui suit ton passage. Tu portes un manteau épars et voltigeur qui flotte sur les rêves des aurores patientes. Cet embaras que tu me force poétiquement à partager avec toi ne m’est pas habituel. Les vallées douves à l’herbe sucrée que tu me fais fouler, les espaces subjugants ennuagés, les vitraux de soleil et d’airain, je ne les ai jamais vu, pourtant tu me les pousse en silence, dans le noir, dans le bleu de ton regard gêné et épuisant. Simplement et toujours sans un mot, ton être entier capture mes essences sans même que je puisse m’envoler dans les arbres aux larges papillons mouchetés. Tu me ceuilles facilement, naturellement, infiniment avec un sadisme émotionel. En rayons diffus tu m’apparais, tu incarnes l’inconnu échoué sur le haut de la vie et de la mort. Merveilleux songe qui tranche ma raison pour la souffler en flocons dans le fleuve cyclique des saisons. Mon corps pense sous l’inconcevable onde que tu émets. Je me module comme une volute de buée à ta seule inclinaison.
comme cela fait du bien de se rendre compte que le noeud s’est défait et qu’il ne reste que… de l’indifférence! maintenant de nouveaux sentiments peuvent éclore même s’il reste de la neige.

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Le vent du blé d’hiver

L’argent bleu de tes yeux miroirs enlève ma blancheur morbide des jours de vent. Tes dents pâles aux reflets de soleil capturent mes iris aciers et mon coeur tombe dans mon ventre. Les mots soufflés et étouffés scintillent par leur rareté et ma tête en fleur chante nos conversations tues. Tes mains ne demandant rien de jaune ni de rouge, pourtant mes élans doux veulent échouer des algues dorée noir sur les parois de ton être. Présence funambule. Présage sombre pourtant si perçant. Tes airs d’homme sage sous un voile de blé dansant. Arrête, tes rayons d’adamantine me percent la bouche et la langue lorsque tu passe comme les nuages. Mon rire se glace et retombe dans le fond de ma gorge et mon visage se colore bêtement d’une parure de miroir ardent. Mon souffle s’envole en volute devant moi, dansant, et je ne le retrouve que lorsque tu es parti. En un cillement tu apparais et disparait en me laissant diaphane et ignare.

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