Oblat

Les pieds glacés, j’ouvre les yeux et découvre le corps effondré du monstre. Baigné dans une mare opale, il convulse ses dernières malédictions. Les doigts incrustés de sang figé, les cheveux raz, j’inspire les dernières vapeurs de la drogue qui brule mes poumons et ma gorge. J’expire un nuage de pardons. Mon obsession qui avait recouvert l’entité de ma langue, tapissant d’huile orageuse mes envies, forme une boule au fond de ma gorge que je crache sur le dragon égorgé. J’ai tout siphonné la lumière de la dernière année, diamanté les malheurs et bu les vagues de terreur. J’arrache de mes pouces les dernières loques qui collent à mes os. Flambant nue, les lèvres retroussées, je saute et laisse le grand serpent s’endormir.

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