Séisme

Cette ecchymose qui enveloppe de filaments andrinople, cramoisi, cérulé, puis éventuellement pers et ambré ma matière nuageuse brouille toutes mes envolées. Je me perds dans les dédales furtifs des mots, pensées, je mélange mes sens. Je ne me souviens plus si je sens ou je vois. Si je goûte ou si je pleure. Mon œil tourne, le gauche, l’autre n’a plus besoin de lunettes. Le sang coule de mes yeux, saoule mes dents. Le sang coagule dans mon esprit et je me sens enfermée, prise au piège par mes cauchemars attardés, aculée par des séquelles débilitantes, forcée de boire un vide plasmique. Je me sens sacrifiée aux étoiles, martyrisée pour une ombre absente. On me craque et on me vole. Je dors au volant, l’esprit brillant d’un froid mordant, brillant d’absence. C’est mon intelligence triomphante et mon talent agile, ma langue et mon amour reptile qu’on m’a emprunté. Je ne suis que masse d’intestins sulfureux, que visage sans maquillage. Réparez ma tête, je vous en prie.

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1 commentaire

Classé dans Poésie

Une réponse à “Séisme

  1. Anonymousse

    Changer sa manière de penser est de fixer ses buts au delà du mental qui, justement, nous cause autant d’inepties vides et d’enivrements malsains. La lutte entre le bien et le mal blesse le corps mental et la joute du verbe qu’est l’homme face à son vide meurtrit une langue qui autrefois savait chanter l’amour…. Ahhh… L’amour. Pour nous joindre au ciel, ou plutôt, que le ciel se cristallise, telle essence – et âme -, en nous, nous devons impérativement ENTENDRE ce que l’on voit, et par cela – la compréhension viendra, les masques tomberont – ces masques fatigués qui sont Mémoire et que l’on pousse sur la face des autres pour nous juger nous même. ahhh… l’amour-propre! Seulement par la merveilleuse compréhension intime qu’est la Vérité et par uniquement l’inspiration créatrice venant du coeur nous pourrons nous déloger le monstre qui oint son sang aux rives de notre tête en attente.

    Je te sens manquer de quelque chose et je crois savoir ce que c’est – pour l’avoir moi-même laissé passer. Comme en a déjà fait mention une certaine personne : « On ne met pas de vin nouveau dans de vieilles urnes ».

    Paix invérentielle

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