Tableau de chasse: Wonder Boy

5 février : Wonder Boy

J’ai rencontré Wonder Boy à Jasper. C’était le meilleur ami du copain d’une fille qui faisait le programme avec moi. Lui et le copain de mon amie étaient venu passer une fin de semaine à Jasper pour la voir. Ils habitaient tous les trois dans le fin fond des montagnes de Colombie-Britannique. Wonder Boy, P et K avaient prévu de passer une journée à la plage et m’ont invité à les rejoindre.

Wonder Boy avait une personnalité magnétique et il dégoulinait de tant charisme que j’en étais éblouie. Wonder Boy était beau, oui, mais ce qui en faisait une personne absolument unique c’était son attitude. Vous savez l’attitude surfer ? Et bien Wonder Boy dégageait une attitude semblable, mais plus … wild.

Nous avons passé une journée complète étendu au bord du lac à regarder K et P s’amuser et se retrouver après de douloureux mois d’absence. Nous avons parlé de tout et de rien et nous avons attrapés de sérieux coups de soleil. Nous avons partagé un kiwi et jamais dans ma vie je n’ai vu quelqu’un manger un kiwi comme ça.

C’était comme un coup de foudre mais qui s’est éteint rapidement puisque Wonder Boy n’est resté que deux jours. Je lui ai laissé mon adresse DeviantArt, même pas mon adresse courriel et puis je l’ai oublié.

Un jour, il m’a envoyé un courriel (il était débrouillard) me demandant si je me rappelais de lui et comment j’allais. Puis, de fil en aiguille on s’est mis à se parler à tous les jours, à se parler via webcam, à s’appeler régulièrement.

Ses parents ont décidé de lui payer le billet d’avion pour Montréal durant les fêtes et mes parents étaient d’accord pour l’accueillir durant ce temps. Quand je suis allé le chercher à l’aéroport, j’ai eu l’impression de tomber vers le haut. Je n’arrivais pas à croire qu’il parcourait le pays tout entier pour venir me voir.

Nous sommes tombés follement amoureux l’un de l’autre et Wonder Boy me donna pour la première fois de ma vie un amour réciproque. Mon premier amour. Lorsqu’il partit j’eus l’horrible impression qu’on arrachait une partie complète de moi.

Nous avons continué à nous parler à tous les jours, à se parler via webcam, à s’appeler régulièrement, à s’écrire d’authentiques lettres d’amour. À la veille de mes 18 ans, j’ai failli faire une attaque quand on cogna à la porte et qu’il était là, devant moi, invité à mon insu par mes parents comme cadeau de fête. Je suis passé proche de l’évanouissement. Il me donna une chaînette en or d’où pendait une étoile sertie de diamants.

Inévitablement, il a du repartir chez lui et une fois de plus je me voyais me vider de ma force et de mon courage. L’année scolaire arrivait à sa fin et il m’invita chez lui pour l’accompagner au bal des finissants. Ses parents m’invitaient et me payaient même le voyage en avion. J’étais folle de joie et ne pouvait patienter encore les quelques mois qui nous séparaient l’un de l’autre.

Puis, à mi chemin, j’ai épuisé tout le souffle que j’avais. J’ai arraché moi-même ma demie et rompu, armée d’une logique implacable, avec Wonder Boy, mon premier amour.

Mon cœur était révolté et répugné de mon attitude, mais ma tête me disait qu’il valait mieux souffrir un peu et oublier que de souffrir à chaque respiration qui me séparait de lui. J’ai complètement détruit Wonder Boy qui, sous le choc, s’est enfermé dans un mutisme étanche. La mère de Wonder Boy m’appela pour me faire changer d’idée et pour me convaincre de venir leur rendre visite cet été. Je ne changeai pas d’idée, cruelle et immonde, mais acceptai l’invitation à reculons.

Mon séjour chez lui fut étrange, un peu comme dans un rêve. Je vivais dans la peur de retomber dans le piège, de poser mes lèvres sur les siennes. Je savais que je n’avais qu’à dire un seul mot, un seul, pour tout reconstruire.

Mais je ne l’ai pas fait. À la place je me suis incroyablement saoulé durant un party et j’ai jeté mon dévolu sur un des garçons quelconques. Je sais que ça sonne vraiment stupide, mais quand j’y repense, outre la gêne qui m’envahit, c’était peut-être la chose à faire pour définitivement écarter Wonder Boy de mon cœur et moi du sien.

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2 Commentaires

Classé dans Tableau de Chasse, Tranche de vie

2 réponses à “Tableau de chasse: Wonder Boy

  1. Ça, c’est digne d’un BON film d’ados, sauf que dans un film d’ados, il y aurait eu la scène de réconciliations à l’aéroport sur la piste de décollage. Je suis vraiment triste. Je me sens vraiment comme si j’étais Wonder Boy pis que je venais de me faire laisser… Pauvre Wonder Boy…

  2. Aaah Alex, il ne faut pas être triste. Certes, Wonder Boy et moi on s’est lacérés le coeur grave, mais entre nous il y avait un autre truc qu’on avait appris à tisser avant l’amour; l’amitié.

    Je suis farouchement fière de pouvoir dire que Wonder Boy est encore et toujours un bon ami à moi. Il habite toujours loin, mais je prends de ses nouvelles régulièrement. Lui seul peut à la fois m’écouter et me comprendre et avoir un oeil extérieur et posé. Il me connait et je le connais.

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