glace

Je suis entrée dans la boutique, chapeau de poil sur la tête, l’air soviétique et d’humeur distraite. Mes deux sœurs flanquées à mes côtés me protègent des gens que je ne connais pas. Je suis allé au vernissage chez Madame Edgar parce que je trouve triste qu’elle ferme boutique. Je m’en veux de ne pas y être allé avant. La collection de sac de papier est magnifique, mais j’ai une pièce de voiture à réparer (décidément, tout me tombe dessus en même temps) alors je garde mes cennes bien au chaud. C’est dommage, ils me plaisent vraiment ces sacs. Et cette pieuvre en latex rouge.

Je n’ai pas vraiment envie de parler à personne, je regarde seule, passant un commentaire une fois de temps en temps à l’une ou à l’autre de mes chéries ou bien à Daviel qui apparaît et disparaît parce qu’il navigue entre Fanny et moi. Je pense qu’il a vu que ça ne me tentait pas trop. M’enfin.

Avant de m’enfuir, je me défie de glisser un mot à Ed, question de lui présenter mes modèles. Il reconnaît la bouche d’Audrey, celle dont tout le monde a parlé. Ce monde que je ne connais pas, mais qui en a parlé. Ed me reproche mon manque de rigueur dans mes créations toutes spécialement dédicacées. C’est vrai. Oui, je manque de rigueur. Mais j’ai d’autres choses à faire. Comme travailler. C’est pas vrai, je fous rien quand j’ai le temps de te faire des photos, Ed.

Au moins ça m’a donné le goût de bricoler. Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas touché un crayon de plomb pour tracer autre chose que des chiffres sur un countbook dans le frozen. Je me demande si je sais encore comment faire. Tu dessinais tellement bien avant. Tu dessines encore? C’est dommage. Tu avais beaucoup de talent, je pensais que tu irais là dedans.

Il n’est même pas 7 :30 quand nous remontons dans la voiture. J’ai envie d’un café alors j’en profite pour emmener mes sœurs au Café Esperanza. J’aime cet endroit. Certainement un de mes coins préféré de Montréal. Je me prend un tisane, finalement, Audrey un café au lait et Cassandra un grand bol de chocolat chaud fait avec du vrai cacao. Je préfère le Quik. C’est moche à dire, mais le fake des fois c’est mieux.

Une des nombreuses lampes de la place aborde un semblant de craqué orangé sur le verre de son abat-jour, le tout monté sur un support en bronze. Cette lampe, je l’ai déjà vu quelque part… Ah! Oui, maman et papa en avaient une de la même collection dans leur chambre répond Audrey. Je ne m’en souvenais plus, elle était complètement sortie de ma mémoire, dis-je. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé? Demande Cassandra. Je ne sais pas. On l’a brisé? Avançai-je. Ça doit. Nous la trouvions horrible quand nous étions jeune, je la verrais bien dans notre chambre maintenant répondit Audrey. Elle serait ultra- kitsch ajouta Cassandra. Silence. Je l’aimais bien cette lampe. Moi aussi. Moi aussi.

Je reçois cette semaine mon horaire pour la saison des fêtes. On nous demande nos préférences afin d’essayer de plaire un peu à tout le monde. Les plus vieux surtout.

1= Disponible. 2=S’il n’y a personne d’autre. 3=Non disponible.

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Si j’avais le guts de le faire, on me rencontrerais assurément pour me reprocher mon manque d’implication. Et mon patron qui a mis des 2 partout durant la semaine de Noël et des 3 durant la semaine du Nouvel An. C’est lui qui fait les horaires. Fait chier.

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1 commentaire

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Une réponse à “

  1. Ed.

    Ma belle, t’as p’us d’excuses maintenant !

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