Cassure

cassure

Silence gêné. Nous sommes tellement différents que nous avons rien à nous dire. Rassemblés ensemble par des connaissances communes, nous occupons le salon à chercher un sujet qui pourrait durer un peu. Ce sont des gens intéressants, mais je ne suis pas au même endroit qu’eux. Ils me semblent si jeune. Peut-être ai-je vieilli plus vite à ne plus suivre les révolutions du soleil dans le ciel. Puis-je vieillir plus rapidement si mes journées partent en flammèches dès qu’elles commencent?

J’observe les volutes de fumée qui s’échappent de ma bouche. Je ne suis pas capable de faire des cercles avec la fumée, alors je me crée des personnages à l’opacité changeante qui pourraient faire office d’amis. Je suis un peu en distraite, ils me regardent tous tirer sur la tige.

Une partition tombe du cahier. Elle la ramasse et décide de la jouer. Elle chante bien, sauf que c’est sa voix à lui que j’entends. C’est une belle chose qui se dénude devant moi, dedans moi. Je suis suspendue aux touches blanches et noires. La fumée dans ma tête pleure de la musique. J’ai la gorge nouée. Je fixe désespérément ses mains qui enfoncent doucement les notes.

De temps en temps, au plus inattendu des moments, certaines de ces pièces et voix s’imposent et doucement, je l’ai laissé couler sur ma peau. Doucement, j’ai gravé à tout jamais un piano et un salon rempli d’inconnus. Doucement, j’ai eu envie de ne jamais oublier. Rien. Jamais.

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Classé dans Avant Wordpress, Short Stories, Tranche de vie

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