Archives mensuelles : novembre 2006

28:06:42:12

donnie

J’adore cet instant de jubilation quand je comprends d’un seul coup une œuvre. C’est comme un déclic qui se fait comme par magie alors que je ne m’en attends pas. Ça arrive parfois dès la fin du film et d’autres prennent plus de temps avant de complètement se justifier. Tout se met en place, comme s’il suffisait d’assembler la dernière pièce du casse-tête. Tout est si simple, dans le fond, il faut bien regarder.

Le film Donnie Darko m’a rappelé pourquoi j’aime tant le cinéma. Malgré tous les éloges entendus sur le film, je n’avais pas encore pris le temps de le regarder. Après ma soirée de vendredi, j’ai ressenti le besoin impératif de le voir.

Je suis allé l’acheter, poussée par la conviction que je ne jetais pas de l’argent par les fenêtres. Je me suis installée, seule dans le salon et je l’ai écouté attentivement. La fin m’a laissée perplexe. Sans être déçue, j’ai trouvé que le film ne méritait pas l’espèce d’aura mythique qui le recouvre.

Puis, alors que je comptais l’allée des liqueurs, j’ai tout compris. Toutes les directions que le film a prises, toutes ses suppositions, ses insinuations, son pourquoi. J’ai souri. Le film n’est pas suspendu dans le vide comme j’en avais l’impression, il puise beaucoup plus loin que la simple uchronie, le flashfoward. Il puise profondément dans les tréfonds du discours fictif. Beaucoup plus loin que ce qu’il a l’air. Une sorte de nouveau roman cinématographique.

Dans ces moments de pure excitation, je me demande toujours si tout le monde a déjà vu ce que j’ai découvert. Si je suis une élue qui a touché le vrai propos du film ou si au contraire je suis plus lente que la moyenne. Si je pousse aussi loin que je pourrais, si je peux pousser trop loin, si j’ai raison de pousser, de soulever autant de pans au film, de garder en mémoire tant de détails, de chercher une justification pour chaque allusion, image, phrase. On ne laisse rien au hasard dans un film, j’en ai eu la preuve trop de fois.

Donnie Darko,
Réalisé par Richard Kelly, É-U, 133 min.

Mad World

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Cassure

cassure

Silence gêné. Nous sommes tellement différents que nous avons rien à nous dire. Rassemblés ensemble par des connaissances communes, nous occupons le salon à chercher un sujet qui pourrait durer un peu. Ce sont des gens intéressants, mais je ne suis pas au même endroit qu’eux. Ils me semblent si jeune. Peut-être ai-je vieilli plus vite à ne plus suivre les révolutions du soleil dans le ciel. Puis-je vieillir plus rapidement si mes journées partent en flammèches dès qu’elles commencent?

J’observe les volutes de fumée qui s’échappent de ma bouche. Je ne suis pas capable de faire des cercles avec la fumée, alors je me crée des personnages à l’opacité changeante qui pourraient faire office d’amis. Je suis un peu en distraite, ils me regardent tous tirer sur la tige.

Une partition tombe du cahier. Elle la ramasse et décide de la jouer. Elle chante bien, sauf que c’est sa voix à lui que j’entends. C’est une belle chose qui se dénude devant moi, dedans moi. Je suis suspendue aux touches blanches et noires. La fumée dans ma tête pleure de la musique. J’ai la gorge nouée. Je fixe désespérément ses mains qui enfoncent doucement les notes.

De temps en temps, au plus inattendu des moments, certaines de ces pièces et voix s’imposent et doucement, je l’ai laissé couler sur ma peau. Doucement, j’ai gravé à tout jamais un piano et un salon rempli d’inconnus. Doucement, j’ai eu envie de ne jamais oublier. Rien. Jamais.

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Libre Service

libre service

J’utilise mes wipers pour faire disparaître le givre qui a recouvert ma voiture. J’ai un instant d’hésitation, peut-être que je devrais aller chercher mon balai à neige remisé dans la maison durant l’été. Et puis non, il faudrait redébarrer la maison, faire un tas de bruit pour le trouver, me rendre compte que je n’ai aucune idée d’où il a été foutu, constater que le temps que ça m’a pris pour ne pas le trouver m’a mise en retard et finalement faire partir en hâte le givre qui a recouvert ma voiture avec mes wipers. J’attends donc, frigorifiée dans la voiture. Je juge j’ai assez attendu et je recule doucement la voiture encore endormie par le froid. J’ai encore oublié mes gants dans les escaliers et le volant est froid. J’utilise, avec un soupir exaspération, les manches un peu longues de ma veste pour me couper de la froideur désagréable.

Stop un peu botché en haut de la côte, il n’y a personne dans le village à cette heure-ci anyway. Je roule lentement, hésitante à me lancer totalement dans mes excès de vitesse habituels parce que la glace n’est pas encore totalement partie. Percée orange dans mon habitacle noir. Elle flashe dur, ma lumière d’essence. Rien d’ouvert dans les environs. Je croise les doigts et la pousse un peu jusqu’au Couche Tard le plus proche.

Je gare devant la pompe à essence et mets Thom Yorke sur pause. Like Spinning Plates s’arrête en plein dans le bout le plus intéressant, à 2 :33 du début, ou 1 :24 de la fin, dépendant du sens qu’on regarde l’écran. Il fait froid dehors, un peu trop pour ma veste noire qui tombe en loques. Je n’ai même pas mis mon foulard, je l’ai porté inutilement toute la semaine dernière, juste pour faire chier. J’enclenche la pompe numéro 1, celle que j’ai l’habitude de prendre et commence le transfert de liquide gluant.

Elle rie de moi, la pompe, elle est tellement lente. Pire qu’au Esso. Je ne vais jamais au Esso, les pompes sont vraiment plus lentes que partout ailleurs. Alors je les évite, quitte à faire quelques kilomètres de plus éclairée de ma lumière a essence agressive. C’est la première fois qu’elle me fait le coup, la pompe numéro 1. Je frissonne et prend mon mal en patience.

Il n’y a aucun bruit, sauf celui des néons blanc extrême au dessus de ma tête et ceux de la station adverse à quelques pas. À peine ai-je le temps d’en faire la constatation que le Ultramar ferme pour la nuit. C’est pour ça que je choisis Couche Tard, j’arrive tout le temps quand l’autre éteint. Je suis seule sur l’îlot de béton à sacrer contre ma pompe récalcitrante. Un litre virgule trois cent quarante neuf, un litre virgule trois centre cinquante, un litre virgule trois cent cinquante et un. Je vais être en retard.

Une mini fourgonnette arrive, s’installe à la pompe quatre et commence à faire le plein. Dix litres virgule quatre cent vingt deux, dix litres… Le client de la pompe 4, quarantaine avancée, barbe soignée, plus poivre que sel, joli visage, charismatique, termine le plein avant moi et entre rapidement dans la dépanneur qui ne vend plus de revues.

Il réintègre sa voiture avant moi. Je me décourage, j’ai la main fatiguée de toute façon. Je stoppe le compteur à quinze dollars pile. Je rentre pour payer et le vieil homme derrière le comptoir me demande si la pompe a des difficultés. C’est louche prendre sept minutes pour mettre quinze piasses d’essence. C’est le froid qu’il me dit, c’est arrivé l’année dernière, ils l’ont fait réparer, mais ça n’a pas fonctionné, semble-t-il. Prenez la numéro 4 la prochaine fois, c’est la plus rapide. Évidemment. J’avais remarqué.

Je réintègre ma voiture. Faire à peine la moitié du plein que j’avais prévu m’a pris tellement de temps que la chaleur est déjà partie. Je repars le moteur, Thom Yorke également, rallume mes lumières et reprend ma route. Coup d’œil sur les toutes nouvelles machines d’Ultramar, elle ne doivent pas geler en hiver.

Quelques kilomètres plus loin je crois une autre station essence qui vend dix sous moins cher. Eh merde. Au moins je n’ai pas fait de plein, je mettrai la balance demain matin, en terminant le boulot. À moins qu’à Montréal ça n’ait pas changé, c’est toujours un peu plus cher, dans ce cas ça n’aura plus d’importance.

J’arrive un bon dix minutes en retard, mais je prends quand même le temps de mettre mes souliers comme il faut. Je suis immobile dans le parc d’asphalte abandonné. Il ne reste que les quelques voitures éparpillées des autres gens qui travaillent sur ma relève. Il va se remplir au complet demain matin. J’ai envie de me griller une cigarette, juste pour voir. Ça ne m’est jamais arrivé avant. Je ne fume pas, dans la vraie vie.

Douze minutes en retard. Je laisse quand même Fran Haley terminer les dernières instants de sa pièce. « And it all boils down to the same old pain whether you win or you lose isn’t gonna change a single thing» Et c’est tellement vrai que j’ai envie de pleurer.

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Moment Mythique

moment mythique

Allez-y, pitchez vous sur mon compte Flickr pour enfin voir, avec beaucoup de retard, l’oeuvre de Sara-pas-de-«h» et Ln-Dinde! Prenez le temps de lire les petites notes que je vous ai fait pour vous expliquer les secrets de cette merveilleuse fresque historique. Ce dessin à été fait durant l’été 2006 pendant la dégustation de bière que j’ai tenue alors que j’avais la maison à moi toute seule. Saucisses sur le barcecue, salade grecque (la mienne c’est la meilleure…), frites funky faites à la main et faites en trois énormes batches dans ma friteuse et biensur Bière des quatre coins du monde prises au IGA de Châteauguay ont fait partie du repas. Ensuite partie intense de telephone dans la piscine, Mojo Polo (le jeu débile de Mat B qui consiste à essayer de noyer tes amis) et contre toute attente, la tenue du premier Dance Dance Revolution Contest alors que tout le monde était pas mal pompette. On recommence l’année prochaine?
(lien direct sur Flickr si vous cliquez sur l’image)

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FFXII

ffxii

Vous savez, quand je dis que je suis garçon manqué par moments, c’est vrai. Preuve: je suis complètement absorbée dans le nouveau Final Fantasy XII. Ça peut sembler geek, lame, vraiment très cool, c’est à votre choix, je m’en fiche royalement.

Quand la console Play Station 2 est sortie voilà déjà un moment, j’ai cassé mon petit cochon, et j’ai acheté moitié moitié cette boite à rêves avec ma soeur. Vous n’avez pas idée du nombre d’heure que j’ai pu passer dessus…

Maintenant, je joue très rarement. Vraiment très rarement (sauf pour faire des tournois de Dance Dance Revolution, ce qui est très lame, mais très drôle) sauf quand un nouveau jeu fait son apparition dans la maison. Je suis vendue 100% FF. C’est bourré de clichés, les personnages sont idéalisés, les hommes féminisés sauf un qui est une vraie brute, mais que voulez-vous? J’aiiiiiiiiime çaaaaaaa! Et puis, si il y a un raton laveur dansant dans ma tête, il y a aussi une petite fille japonaise qui trippe sur les trucs débiles.

Et puis avant que non-initié me pose la question: oui la femme a des oreilles de lapin.

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High Level of Insanity

high level
«I love Painting. Most of all, I love making people laugh and smile. My art is almost always happy and humorous, with bright colors and crazy characters.»

Quand j’ai vu les œuvres de Carl Oxley III (oui oui, 3) je me suis dit qu’il fallait absolument que j’en parle. Il y a quelque chose d’incroyablement joyeux et à la fois troublant dans ses œuvres aux dimensions gigantesques. Les couleurs flashs, les gros traits crayon noir et la superposition de couches épaisses de peinture, tout ça, ça donne envie d’être heureux, de se mettre tout nu et aller courir dans la rue parce qu’il y a des choses bien pire dans la vie.

Cela dit, je vais me contenter d’acheter des macarons et je vais rester en pyjama.

Faite un petit tour sur son site et biensur sur sa page déviante qui en vaut le coup. Et quand tout ça sera fait, allez chez Prickie pour vous procurer les macarons géniaux.

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Ouch!

ouch!

Papa Mineau: Tu n’as pas du beaucoup dormir…

Moi: Hein?

Papa Mineau: Je t’ai vu hier au show.

Moi: Ah.

Papa Mineau: Tu t’es levé tôt pour y être, non?

Moi: Oui en effet.

Papa Mineau: Tu es partie vite.

Moi: Oui, le show a fini tard. Je devais aller travailler.

Papa Mineau: C’est dommage, je voulais te présenter à Julien.

Moi. Ah (aaaaaaaahhhhhhhh!)

Papa Mineau: La prochaine fois.

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