Archives mensuelles : septembre 2006

La poutine du Patio Vidal est camp

Ça faisait une éternité que je n’étais pas allé au Bedondaine Bedons ronds. C’est une petite brasserie artisanale à Chambly et leur bière est tout simplement incroyable. Ça faisait également longtemps que je ne m’étais pas arrêté pour jaser avec Matthieu. Et ça fait du bien, de placoter de moi, de lui, avec de la bonne musique, en sirotant une Ange-Gardien au milieu de bouteilles du monde, sur les confortables chaises rouges dans la lumière tamisée.

Échange de rêve. Essayer de comprendre où va nos vies. Je suis tellement différente de lui, mais tout de même proche. Je voudrais être encore proche quand il ira vivre sur le Kilimandjaro avec les nomades à qui il montrera le pool quand moi je serai à Vienne ou à Londres ou à Berlin ou à New-York ou à Paris, en train de couvrir les plus belles galeries artistiques du monde.

On est allé manger au Patio Vidal, une première dans mon cas. Assis l’un en face de l’autre sur les banquettes tellement inconfortables, comme bien d’autres fois un peu partout sur la rive-sud.

Ce n’était pas grand-chose, un petit 2 :30 qui m’a fait du bien.

image par Severin Koller/ kindershokolade

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Sunburn (ou pourquoi est-ce que je pleure?)

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Éparpillements

Voilà, mes bons vieux éparpillements sont de retour. Gros merci à Nic. Allez, dites moi ce que vous pensez de la nouvelle peau de Méandres sur papier vitruel.

Aujourd’hui j’ai vu Half Nelson avec le très-de-mon-goût Ryan Gosling. J’ai également acheté le nouveau Kasabian. Je vous en reparle.

J’adore cette photo de Przemek Brzoskowski. Elle est… parfaite.

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So confused when you’re lost in the groove.

Le temps passe d’une manière étrange. Je suis de retour de nuit. Ça va. Le temps et les jours n’ont plus la même signification quand vous vivez à l’inverse de tout le monde. Les semaines se transforment en une seule et longue journée ponctuée de peu de temps de lumière, d’éveil et de sommeil. Sans dire que les jours passent vite, je n’ai tout simplement plus la conscience qu’ils passent. C’est à ce moment qu’on voit que ce n’est que des conventions, des repères pour ceux qui évoluent en même temps que le soleil. Ça n’a plus de sens pour moi. J’ai mal à la tête à force de penser

Outre le temps, le travail est incroyablement cyclique. Pas plate, juste paisible. Un peu comme la nuit. J’ai du temps pour penser à moi, mon être, c’est presque religieux. Je suis toujours dans ma phase de transition vers une nouvelle vie. Vers des obligations et un peu plus de liberté, aussi. Me remettre en question, poser un regard objectif et ensuite subjectif sur mon parcours. Ça me rend lente. Je m’enferme un peu et je sais bien qu’il faut que j’évite. J’ai mal à la tête à force de penser.

J’ai une obsession maladive sur Muse depuis une semaine. Soixante morceaux que j’écoute en boucle quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je n’arrive pas à cerner pourquoi j’en ai besoin présentement. C’est un véritable besoin, au point où je peux rester plus d’une heure assise à écouter des pièces que je connais pourtant par cœur. Une pièce sur repeat, à en décharger ma batterie. C’est étrange à saisir, inexplicable en fait, mais nécessaire. J’aime énormément la musique, mais à ce point, c’est nouveau. Peut-être parce que le temps n’a plus d’importance j’ai besoin de combler le vide par un élément aussi grand, interminable que la musique. J’ai mal à la tête à force de penser.

Je suis allé voir The Science of Sleep de Michel Gondry avec ma sœur et Daviel. J’ai beaucoup aimé, je vais peut-être même aller le revoir. Outre la belle histoire, l’excellente manière de conter, les acteurs c’est le propos du film m’a particulièrement perturbé. J’en ai discuté avec Cassandra et Daviel et eux aussi ont été sensibles à la grande question de l’amour. Chaque individu a sa propre manière de percevoir et de ressentir. La mince ligne qui divise l’amitié de l’amour, on marche dessus à tout moment. Chaque personne qui entre dans notre univers se déforme au gré de notre imagination, des impressions, des semblants, des vérités, aussi. Tomber en amour… c’est quoi au juste? Le film m’a poussé à regarder mon propre parcours : dents en scie. Quand vais-je tomber en amour? J’ai mal à la tête à force de penser. 2 Advil et dodo.

Titre de Muse (The groove/ Time is running out single B-Side)

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Fantasies are nice (no.7)

Je vous aime, Alexandre Lamontagne-Varrière.

Malgré mes efforts et ma volonté, malgré toutes les raisons et déraisons, j’en reviens toujours à vous. À cette nuit où j’étais ivre et vous ailleurs.

Dès le souper, assis à la grande table de noyer chargée de chandeliers, de fleurs odorantes, d’ustensiles argent et doré, de vin rubis et de plat colorés et fumants, dès le début du repas, vous à une extrémité et moi à l’autre, je n’ai pu m’empêcher de vous remarquer.

Puis les voix m’on assommées. Les discussions des hommes ont vite eu raison de mon attention et mon ami le vin m’a réconforté dans ma solitude. Je suis allé danser, seule, dans le grand salon où jouait le vieux gramophone. J’étais ivre et jeune, mais je dansais loin de la fumée des cigares. Ma coiffure soignée ne tenait plus très bien, laissant tomber de larges mèches bouclées sur mon cou.

Et tu es descendu. Tu avais mal à la tête. C’est ce que la fumée te fait. Comme à moi. Tu as dansé avec le vieux chien et je t’ai trouvé drôle. Puis j’ai voulu être sa place alors je t’ai dit «Maintenant, vient danser avec moi.»

Alors tu es venu. Tu as serré ma main, une fois de temps en temps. Doucement nous avons commencé à tourner. Nous étions maladroits. Et beaux. Je riais, je ne pouvais m’en empêcher. Je tournais dans le mauvais sens, qu’importe. Tu m’a fait un baisemain et je me suis exclamé : «Mais tu es un homme formidable!» Nous dansions et je riais à gorge déployée. Tu me trouvais belle et tu me l’as dit. C’était normal. Et je t’ai aimé sur le champ. Je t’ai dit : «D’accord, alors tombe amoureux de moi.» Avant que tu ne répondes, j’ai posé un doigt sur tes lèvres roses et j’ai ajouté : «mais c’est un secret…»

La musique ne s’arrêtait pas et c’était comme si nous étions seuls. Tu embrassais mes mains, ma gorge, mes épaules nues et parfois mes lèvres. Tes baisers étaient doux et je te trouvais charmant. J’étais amoureuse et je voulais m’enfuir. Je savourais ton attention.

Entre deux temps, je t’ai pointé un homme distingué qui dansait avec une autre femme. L’hôtesse. Il était grand et large. Blond de royauté. Son complet était parfait, comme son visage et ses manières. Je t’ai dit, et c’était la vérité : «Tu vois cet homme qui danse avec la fille là-bas… c’est mon homme.» Tu l’as regardé avec de la peine et des armes dans les yeux puis tu m’as répondu en me serrant : « Je m’en fous.» Puis, comme la question ne pouvait rester dans ta tête, tu m’as demandé si je l’aimais. Je ne pouvais te répondre parce que cela t’aurait tué. Je t’aimais. J’ai déposé mon doigt sur tes lèvres. Et je m’en foutais, que je l’aime. Je me suis laissé entraîner par tes pas. Loin de mon homme qui discutait avec les autres. Loin des cigares et des mensonges. Je te disais «Chut.» parce que j’avais peur. À chacun de tes baisers je te répétais «c’est un secret» et j’avais raison.

J’ai voulu t’entraîner plus loin encore. Les gens se rapprochaient. Dehors, il faisait froid. Ma main dans la tienne, nous avons marché sur la luxueuse terrasse. Longtemps, parce que j’avais peur de moi, je t’ai parlé de ma vie et de mes projets. Tu m’écoutais et tu souriais, toi aussi.

Je me foutais d’aimer cet autre homme et toi aussi, d’ailleurs. Tu étais tout proche de moi et cette idylle je la vivait à chaque battement de mon cœur. Je suis tombée amoureuse de toi, Alexandre.

À cause de tes yeux verts et tes sourires, tes baisers sur mes mains, ma gorge, mes épaules nues et mes lèvres, parfois. À cause que tu me dis que je suis belle, parce que tu fais partie de mon secret. Tu me regardais et je n’en pouvais plus. Je voulais laisser la grande terrasse et le gramophone et le vin et les chandeliers sur la table de noyer. Partir. Mais ce n’était que l’idylle d’un moment.

Et je revois ton visage avec trop de netteté. Il me suit, ce visage, Alexandre. Je ne veux pas t’imaginer parce que cela me rappelle que tu es vrai. Parce que me souvenir de toi est affirmer cette péripétie qui ne fait aucun sens.

Et j’ai fait l’amour avec mon homme ce soir là. Parce que je n’ai pas osé t’emmener dans une chambre à l’étage, pour affirmer le secret. Le lendemain, je me suis rendue compte qu’au contraire cela avait beaucoup plus de sens qu’il n’y paraissait. Tu es parti sans même me dire au revoir. Ni à personne, tant bien que personne ne savait que tu avais quitté durant la nuit, alors que j’étais déshabillée par un autre amant.

Je ne peux plus respirer tant j’ai peur. Comment je suis certaine que je t’aime. Combien notre secret est réel, dans ma peau et dans ma tête. Nous avons «été ensemble», quelle belle association de mots! Nous avons été ensemble.

J’espère que tu te souviendras de moi un peu autrement que comme une farce de la destinée. Je ne veux pas avoir été simplement un élément du décor ; il faut que tu te souviennes un peu.

Je voudrais que tu te souviennes de notre idylle d’un soir.

Parce que j’ai tout plein de choses plus importantes à faire.
C’est une réponse au texte Idylle d’un soir de Kitar Sami, un exercice de style au féminin.

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The First Song


J’ai juste envie de montrer une couple de mes clichés une fois de temps en temps. Je le sais que le flash fait un horrible dessin sur la tête de lit, mais en fait cette photo était juste pour vérifier qu’il fonctionnait, justement. J’aime la photo, elle n’était pas prévue. Prise avec une canon T70 1985, vieux film kodak et ensuite scanné. Transformé en noir et blanc avec photoshop. Aucune autre manipulation.

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Batterie à terre

Drôle de semaine. Un contrat de photo mercredi matin dans une garderie. Je ne comprends pas les parents qui mettent du rouge à lèvres à leur enfant de 3 ans ni ceux qui leur font des coiffures élaborées quand l’activité préférée de leur gosse est de se rouler par terre. Je comprends encore moins quand c’est le même parent qui fait un mélange des deux. Je ne saisis pas non plus pourquoi les parents ne comprennent pas que c’est pas en criant «souri» à son enfant qu’il va faire un sourire sincère. Une position Calvin Klein du style décontracté, une jambe repliée sur une vieille boite de bois et l’autre balançant nonchalamment dans le vide, une main redressant le joli corps mince et l’autre déposée sur le genoux de la jambe fléchie, ça ne convient pas à un petit de 4 ans.

Même journée j’ai fait un interview avec Tyler Rauman. J’espère que ça va passer pour P45. C’est un jeune artiste que j’ai rencontré au spectacle de Rogue Wave où je vendais des T-Shirts et profitait de l’accès back stage et bar à volonté dimanche dernier. Tyler, en plus de m’avoir fait pratiquer mon anglais qui commence à être rouillé par le manque de pratique, s’est avéré beaucoup plus volubile que ce à quoi je m’attendais. Comme artiste underground on ne fait pas mieux. Une mine de talent, beaucoup de gentillesse et une modestie à tout casser. Enfin, vous entendrez parler de lui si je finis par écrire mon article.

Toujours la même journée il y a eu la tuerie à Dawson. Je magasinais une cravate quand j’ai entendu ça à la radio. Je ne sais pas trop quoi en penser. Il n’y a pas de réponse à ça.

Déjeuner avec mes deux frères jeudi matin après leur shift. Ils m’écoutent parler, Matt s’endort presque dans son assiette. Souper avec Daviel et Alex la même journée. Fatiguée à l’os, envie de rien faire mais rien faire c’est pire. Je passe le reste de la soirée avec Alex, on prend plus de temps à se trouver une place où aller prendre un verre que prendre un verre. J’ai pris un truc qui goûtait le sirop pour la toux. Dégueux. On rentre et on n’arrive pas à se choisir un film. Fuck off.

Hier je planche un peu sur mes études. J’ai pris beaucoup de retard. Projection de Black Dahlia au Paramount en soirée avec ma sœur et Renaud, mon frère adoptif.

Je suis crevée ce matin, les cernes me vont jusqu’aux oreilles. Le boulot est moche. C’est la fête de ma grand-mère. Il faut aller faire un tour. Il faut aussi aller à la dégustation de bière de Renaud en soirée. Misère.

Demain, je dors.

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