Archives mensuelles : juin 2006

Je veux habiter à Montréal au plus sacrant

Le 138e festival de l’agriculture vient de commencer à Rougemont. Si vous êtes du genre à aimer les vaches obèses pognées dans leur box, les drags de 4 roues où les pseudo chilleux de la Petite Caroline vous démontrent à quel point ils sont Hommes, les show de talents country ou les tires de tracteurs, c’est décidément le moment de passer dans mon coin. La 138e édition, vous vous rendez compte? Ça fait presque qu’un siècle et demi que dans mon coin, la seule activité que les gens attendent : c’est ça. Se péter la face dans la Bud tablette, (ou peut-être bien la 50 ou la Laurentienne ou la Bleue, je ne sais pas trop) en regardant qui a la plus grosse vache des alentours au son de la vieille matante qui s’est improvisée chanteuse pour la soirée. J’y suis allé une seule fois pour rigoler, on a levé le camp quand le monde s’est mit à parier sur le duo de chevaux de trait qui allait tirer le plus loin l’énorme bloc de béton dans la bouette. L’agriculture à son meilleur, mouais, je me demande sérieusement c’est quoi le pire. Ça l’a bien l’air que le phénomène n’est pas isolé à ma petite communauté, il y a même des bouchons de circulation sur la principale. Si ça vous branche, e-mailez moi, je peux peut-être vous faire rentrer gratis.
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Deux par deux dégoûtés

Si j’avais quelqu’un avec qui m’engueuler en ce moment, ce serait certainement Pierre Lapointe. Ce cher grand bonhomme a fait l’impensable, l’incroyable erreur de scrapper une magnifique pièce avec le plus ridicule vidéoclip jamais vu à ce jour par mes pauvres yeux qui ont failli griller direct dans leurs orbites. Comment une si jolie composition telle «deux par deux rassemblés» a fait pour accoucher d’une telle horreur visuelle, je n’en ai aucune idée, mais depuis que j’ai vu le plus horrible, je ne fais que chicaner et jaspiner sur le sujet tellement que mes proches n’en peuvent plus de m’entendre. Outre l’incroyable colère que la chose a déclanchée, je suis profondément déçue par Lapointe qui est un artiste que j’aime et admire beaucoup. Je croyais avoir un amour inconditionnel pour ses œuvres, ça m’aura au moins appris à revoir ma confiance aveugle. Pour ceux qui ont eu le bonheur d’être épargné par la douleur que le clip pourrait causer à votre cœur, tête et esprit, sachez que ledit clip est (ou sera sous peu) sur les ondes de Musique plus et Musimax. «Deux par deux rassemblés» est un amas de mauvais goût aux essences pseudo pop quétaine qui se veut kitsch, mais échoue qui lamentablement. Je comprends bien l’envie de Lapointe de tendre vers le pop, mais il y a tout de même des limites à délaisser son style esthétique très efficace pour se jeter tête première dans le surfait, le déplacé et le laid. C’est a peine si Lapointe ne porte pas fièrement un chandail de loup et des jogging gris. J’ai eu peine à regarder le vidéo en entier tellement il n’y a rien d’intéressant à l’intérieur. Le concept est faible, peu travaillé et avouons-le mal fait. Filmer des danseuses (ce qu’elles font là est d’ailleurs un mystère) qui ne sont même pas synchro devant un écran bleu pour y mettre des images fluo, des éclairs et des galaxies dépasse l’entendement. Leur danse est d’ailleurs totalement ridicule et dénudée de but, mais le plus troublant c’est qu’on dirait que c’est voulu. En fin de compte, peut-être aurait-il valu la peine de fermer mon écran avant la fin, cela m’aurait épargné la séquence avec Yann Perreau (ce qu’il fait là est d’ailleurs un plus grand mystère) qui se «bat» avec Lapointe. Nous avons droit à des éclairs et des «boom» et des «kapow» à la Batman en plus. La séquence où deux des filles sautent comme de vraies épileptiques difformes, bossues, écumantes, violentes, absurdes, enragées et avec des coiffes amérindiennes ne vaut même pas la peine que j’en dise ce que j’en pense. Je ne rigole même pas. Tout ceci est simplement pa-thé-tique.

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Je vais mourir à force de procrastiner

C’est ce que je me suis dis aujourd’hui. Ça m’est venu comme ça. Pas que j’y crois vraiment, c’est seulement que de ces temps-cis, je ne fais pas grand-chose alors que j’ai le temps.

Comme dessiner. Je ramassais quelques papiers qui traînaient dans ma chambre et je suis tombé sur un dessin inachevé de Pierre Lapointe. Ce dessin, je le trouvais vraiment bien et à force de toujours remettre à plus tard mes coups de crayons, j’ai fini par le laisser à l’abandon. Je ne pourrai jamais le terminer. Exactement comme celui de Jack Sparrow que j’avais commencé voilà un très longtemps. J’en suis bien incapable parce que l’espèce d’inspiration ne dure jamais bien longtemps quand je dessine des portraits. C’est bien dommage. Je vous les montre quand même. Ils sont incomplets, à moitié vide, presque pas plein. Ce ne sont pas mes plus belle pièces même si je suis sûre qu’à force de crayon de plomb, elles auraient pu le devenir.

Je manque grandement de volonté, oui, de volonté, c’est le mot. Par moment, je trouve ça vraiment moche. Un jour, je vais terminer un de mes portrait et à ce instant même je serai fière. En attendant je vais aller rien faire ailleurs.

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Eh merde

Quelle horreur que de découvrir qu’un des plus bel homme vivant sur cette terre (et n’ayant pas loin de votre âge, en plus) travaille avec vous! Inaccessible, et pas pour les bonnes raisons. Ça c’est du gros gâchis.

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Je suis une employée modèle

Pour aller travailler, je me suis attaché les cheveux, une jolie queue de cheval bien centrée et mon toupet bien plat et droit au devant. J’ai mis un pantalon bleu marine propre et repassé et un polo rayé bleu, droit et chic, aucun bijou excepté mon bracelet make poverty history blanc, question de montrer que je suis consciente de mon entourage et que je m’implique dans mon milieu.

Je suis partie une heure quinze en avance. J’ai respecté les limites de vitesse, toujours mis mon clignotant, été courtoise et patiente lorsque je suis arrivée au pont tunnel et son bouchon de circulation. Je n’ai pas sacré lorsque la Solara m’a coupé sans remords. Je n’ai pas utilisé l’air climatisé pour économiser mon essence et faire attention à notre chère planète. J’ai ouvert les fenêtres et respiré le bon vent à la place.

Je me suis garée bien centré dans mon emplacement de stationnement avec une demie heure d’avance. J’ai ramassé les divers papiers égarés dans le fond de ma voiture et je les ai mis à la récupération après avoir replacé mon toupet bien plat et droit au devant dans le rétroviseur.

Je me suis arrêté devant la machine à café et j’ai pris un double espresso dans ma tasse en plastique durable. Je refuse d’utiliser les verres en mousse. J’ai dit bonjour à tous mes employés sur le plancher et je me suis informé de l’état de santé de la femme de Monsieur Horth qui a récemment eu un cancer.

Je me suis installé à mon bureau et j’ai placé tous mes effets sur ma table de travail. J’ai ensuite fait un tour pour savoir comment avait été la relève avant moi. Je me suis sincèrement apitoyé sur le cas de mon collègue qui n’a plus accès à l’imprimante, celle-ci étant brisée. J’ai pris en charge les feuilles de données qui restaient à rentrer dans le système, ce pauvre Arthur à bien le droit de partir quelques minutes en avance!

Je suis retourné à ma place, prête à commencer mes huit heures avec bonheur. Puis, il y a eu une fuite d’ammoniac dans le secteur du surgelé. Je suis morte parce que je n’ai pas eu la chance de suivre la formation concernant le nouveau système de réfrigération donné plus tôt cette semaine. Quel gachis!

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Fantasies are nice (no.4)

Je sors de l’énorme bâtiment à étages au beau milieu de Montréal. Il fait beau, chaud, nous sommes au milieu de l’après-midi. Je viens de terminer une entrevue pour mon nouvel emploi. Je ne peux m’empêcher de sourire. Je le sens ce poste rêvé. Je sais que c’est moi qui va l’avoir. Mon pas est léger, un peu vite parce que j’ai envie de m’envoler.

Les gens ont envahit les rues. Hommes et femmes habillés sérieusement se bousculent à mes côtés pour retrouver leur voiture et pour ensuite s’engouffrer dans les bouchons de circulation. C’est un fouillis dans lequel je ne rentre pas par mes sourires et mes pas dansés. Je marche à contre courant, murmurant des excuses à tous ces inconnus que j’accroche dans ma déambulation.

Au coin de Ste-Catherine et St-Laurent je croise un homme un peu plus vieux que moi. Au contraire de la foule qui se presse, il reste immobile au coin de la rue. Il a le dos un peu courbé, une chemise longue malgré le soleil à l’extérieur. Il regarde ses souliers et comme je m’arrête à ses côtés avant de traverser, il lève la tête.

Je croise son regard bleu profond un moment. Il a l’air triste, il me rend mon regard, mais pas mon sourire. Ses cheveux mi-courts sont mêlés, il a une barbe de quelques jours et les mains enfouies profondément dans ses poches de jeans délavés.

Mon regard est ancré dans le sien. Un fraction de seconde, peut-être plus. J’aurais envie de lui dire quelque chose, mais rien ne me viens, alors je le regarde. Il est beau, brisé, mais incroyablement charismatique dans sa noyade.

La petite lumière blanche pour les piétions s’allume et je traverse la rue. Mes pas m’éloignent de l’homme immobile. Je poursuit ma route vers nulle part. Soudain, je trouve quelque chose à lui dire, alors je me retourne, mais c’est lui qui est parti. Il n’est plus immobile.

fantasies are nice. merci Sam (haha, ça fait super personnel) pour l’inspiration et la magnifique chanson.

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un morceau de paradis sous la pluie

Je ne connais rien de plus agréable que la forêt immense qui me recouvre de milliers de branches et de sons feutrés. Je suis née pour vivre dans la nature sauvage malgré mon amour de la ville et de ses lumières. Chaque fois que j’ai la chance d’aller passer un moment au beau milieu des arbres, j’en reviens détendue, pleine d’idées et prête pour un nouveau départ.

Deux jours de pluie, très peu de soleil, une nuée de moustiques voraces et une tente patchée au duck tape, un zipper de sac de couchage frette dans le dos, du linge mouillé, aucun service, deux amies irremplaçables, de la bonne bière et de la bonne bouffe, un feu crépitant, des paroles sérieuses, des paroles claires… rien au monde ne vaut plus à mes yeux.

Ça ne sert à rien de tout décrire ici, c’est là, dans ma tête, intact. À tout ceux qui n’avez jamais eu la chance de partir pour une retraite dans les bois, laissez-moi vous dire que vous maquez quelque chose de tout simplement merveilleux.

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