Le visage dans les mains et une mélodie dans la tête

L’endroit est plein à craquer, il y a des gens partout dans le bar, on se marche sur les pieds. La terrasse est remplie de monde qui ne savent définitivement pas ce qu’il se passe à l’intérieur parce que sinon, ils seraient tassés avec nous dans la petite salle. Il y a une mallette remplie de CD juste à droite de la porte. J’en achète deux, un pour moi, évidemment, un pour une amie qui ne pouvait pas se déplacer jusqu’à l’Esco pour le lancement du tout premier disque de Nicolas Huart : le visage dans les mains.

Je n’ai pas de misère à reconnaître Nicolas, il est discret, mais rayonnant. Il est grand (plus que je ne pensais) et mince, habillé sobrement avec une chemise rayée et un pantalon brun. Il à l’air simple, parle doucement à tous les gens qui se l’arrachent. J’y vois aussi Maxyme Delisle (ami, photographe et bassiste de Nicolas par lequel j’ai pu dénicher ce talent caché) et étonnamment quelques filles qui allaient à mon école secondaire (j’ai découvert qu’elles jouaient du violon pour une pièce que Nicolas à interprété un peu plus tard).

Tout le monde semble se connaître, ça parle fort, c’est amical ( il y a de quoi, même la serveuse est une amie du chanteur), il n’y a que moi et Alex qui ne semblent pas connaître intimement aucun membre du groupe.

La voix de Nicolas Huart est douce, rauque juste ce qu’il faut et quelque peu éteinte. Il n’a pas une voix puissante et imposante, plutôt une voix qui porte à peser les mots et les sentiments. Les mélodies sont simples, guitares suaves, batterie légère, basse sobre, claviers justes, harmonica timide et violons discrets : mélange parfait qui ressemble parfois à Dumas ou à du Jack Johnson en plus soft.

D’autres disent que c’est lourd, mais je dirais que c’est plus mélancolique qu’écrasant. Les textes transpirent d’une tristesse soutenue, d’une poésie très lyrique et personnelle. Nicolas donne l’impression qu’il parle de moments très concrets de sa vie personnelle (nous n’avons pas de preuve du contraire en fait…).

Il y a une certaine nostalgie et une douceur apaisante dans la majorité des pistes(en particulier dans Aucune tempête ni nostalgie, ironiquement, et aussi dans un tremblement de terre pour nous seulement). On parle aussi de mort et évidemment de deuil d’une façon sereine et empreinte de finesse . La recherche de l’amour vient faire son petit tour dans la magnifique pièce les lueurs de vérité qui nous habrillent. Malgré le paysage gris que Nicolas aime dépeindre, sa musique est agréable et volatile.

La représentation du premier mai était agréable, toute simple : 6 pièces, peu de paroles, deux décrochages gracieux qui le rendrent indéniablement sympathique. Nicolas est humble et dépourvu de toute prétention autre que celle de faire de la musique. De la bonne musique.

Je vous conseille vivement son disque à la pochette sobre et impeccable, comme son chanteur. 10 pistes à découvrir lentement, à fleur de peau, feuillet de paroles en mains dès le 9 mai et en spectacle pour un modique 5$ à l’Esco le 7 mai.

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10 Commentaires

Classé dans Avant Wordpress, Critiques, Musique

10 réponses à “Le visage dans les mains et une mélodie dans la tête

  1. François C.

    Un superbe texte! Tu écris vraiment bien. J’ai toujours trouvé impossible d’écrire une critique ou une description détaillée d’une pièce. Il semble que tu y arrives facilement.

    Mais je me demande…comment tu connais Nicolas ? (alors que je remarque aussi mon site dans tes liens…)

    vive le internet.

  2. Myriam

    Wow, je suis super surprise que tu sois tombé sur mon texte concernant Nicolas(ça parle un peu de toi en plus…)Comme on dit; le monde est petit.

    J’ai découvert Nicolas via un commentaire de Jérome Mirealt sur une pièce de Maxyme (ce qui explique pourquoi j’ai aussi reconnu votre cher bassiste)et à partir de ce commentaire, j’ai fait le tour de la gallerie de Maxyme sur deviantart, à quelque part perdu dans les commentaires, il donnait le lien vers le site officiel et vlan! je suis tombée en amour. C’est surement ma rencontre musicale la plus étange… Bref, c’est pas mal ça.

  3. Francois C.

    Cool!

    Et bien je te souhaite encore de bonnes écoutes, et des bons shows!

    À la prochaine!

  4. Maxyme

    hey! la prochaine fois viens nous dire bonjour 😉

  5. François C.

    et prochaine fois Max, on pourrait faire un show qui s’apellerait « Nicolas Huart et ses geeks »

  6. Maxyme

    on fera plus jamais de show ensemble frank. oublie ça. moi pis toi sur un stage ça sera pas avant 2007! pis frank #2 il est pas geek.

  7. Myriam

    woolà une discussion de super star sur mon blogue! haha.

    Mais oui, un moment donné je vais passer pis faire: hey salut les gars pis là c’est moi qui va avoir l’air geek…

  8. Maxyme

    moi si j’étais toi j’nous dirais ton vrai nom. Pcq ya rien qui fait plus geek que de dire à quelqu’un:
    -Salut, tu me reconnais?
    -Euh.. non..
    -C’est XBlackDragonX du site web de WOW.

    ou qqch du genre.
    enfin.

    à ce soir peut-être.

  9. Myriam

    pouahhh!c’est bien vrai!
    on verra, ya quand même The Strokes en ville à soir…

  10. sylvie

    Nicolas m’a fait lire ta critique il y a quelques jours et je l’ai beaucoup aimé alors j’ai décidé de te laisser un commentaire pour te le dire personnellement.

    Tu décris parfaitement la soirée du lancement et la musique de Nicolas.

    C’est un beau texte très plaisant à lire. Bravo!

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