Archives mensuelles : mars 2006

Confidence

Je ne vous ferai pas de confidence. Vous c’est tu ou bien vous en tant qu’ensemble. Ce n’est pas un journal intime et c’est pas skyblog ici. Mais. Mais je me demandais ce que c’est un confident et si c’était nécessaire.

J’en parlais, voilà un moment. Mais je ne sais pas. Moi je crois que j’en ai besoin, j’en ai. Une en particulier. C’est facile, j’ouvre la bouche et c’est plus clair pour moi ensuite. Ça arrive souvent ces temps-cis parce que je suis perdue. Elle elle écoute, m’écoute me plaindre, essayer de faire le casse-tête. Ça m’aide, des fois. La plupart du temps. Je crois que c’est d’exprimer de vive voix ces choses qui me tracasse, de les rendre intelligible pour elle (donc pour moi) qui aide. C’est l’opinion de l’autre.

Mais il y a des gens qui n’ont pas de confident. Qui ne parlent pas, ne savent pas ou ne veulent pas. Moi je sais que je ne serais pas capable. Est-ce sain? Doit-on avoir quelqu’un a qui parler ou bien certains sont-ils réellement capable de débrouiller seul les méandres de leurs existences? Se dévoiler sans pudeur (je parle intellectuellement ici, au cas ou…) est-il correct, emmerdant ou bien ça ne change rien?

Et être le confident d’une autre personne, qu’est-ce que ça apporte? J’ai l’impression d’être devenue une oreille importante pour une personne en si peu de temps que ça m’a troublé. J’apprécie cette confiance et cela m’apporte beaucoup et cela doit être réciproque. Un confié attend-t-il une confidence de son confident?

Le concept de confident et de confidence me pertube. Je n’en saisis pas tout à fait l’importance, même si je sais que j’en ai besoin. Qui peut être confident? Doit-on connaitre pour confier les brides de son esprit?

Je ne sais pas.

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Derrière la fonte

Dois-je me risquer à t’approcher, fantôme incadescent? Brûler mes idéaux me terrifie à m’en blêmir les rêves. Je sens ta présence opaline au coin de mon oeil, comme une larme persistante, mais je n’arrive pas à te faire fuir. Tu es là, rôdant comme un éventail cassé aux contours de ma conscience. Tu rugis des arbres plein, des verres vides. Malgré ton apparente chanson, le fossé des saisons me bloque et me retranche derrière mon âge. Cela t’arrête-t-il, violon arabe, glisses-tu à mon opposé car je te semble si grande? Ferme les yeux et il n’en sera pas ainsi. Les nuages s’enroulent autours de tes doigts, tes ongles griffent les étoiles tristes. Oh! Bien-Aimé noir, le temps s’écoule et s’écroule et les jours se ternissent et terminent. Tu n’as qu’un mot à souffler et je distille mon être.

Il commence à fondre dehors, tu me donnes ton numéro?

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Deuxième tir

Je suis égoïste. Dans un certain sens. Je m’en suis rendu compte en me promenant dans divers blogs. J’aime vraiment ça lire la vie des autres, c’est anodin, mais non moins plaisant. Moi, mon blog ne parle pas de moi. Ou si peu. C’est même trop subtil, je crois, que mes amis qui me lisent ne puissent pas relier mes textes aux faits concrets de ma vie. Ce n’est pas nécessairement mal, mais j’ai envie de rediriger le tir. J’ai envie d’écrire des petits pans de mon histoire à moi, fiction ajoutée. J’ai redécouvert un goût pour l’écriture simple (si j’ose dire) depuis que je participe au blog de Quentin et Émilie. Je vous l’annonce donc, lecteurs, je vais ouvrir mon huître et vous laissez lire mes pensées. Certes, je ne priverai personne de mes écrits plus poétiques. En tout cas, j’espère que vous saurez apprécier ce changement de direction!

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mes quatre fanés

D’immenses maisons de brique brulent à l’unison des trompettes de cristal. Il fait noir et les flammes lèchent sensuellement le ventre du ciel piqué de petits yeux. La chaleur du brasier réchauffe la lourdeur des lances d’eau volatile. L’épaisse fumée gonfle et se dénoue comme une épaisse chevelure d’argent sombre. Elle étend ses ailes vers la mer et les ruisseaux de givre. La lumière blonde et puissante comme le cri des oies farouches repousse les pierres de noirceur accumulées ici et là. La danse des fanions bigarades gagne les fenêtres sales. Le fracas et le grondement de la colère des bois mugit leur douleur dans l’apparent silence du royaume de la sorgue. Les arches plient, ondient, s’embrasent sans résistence. Le monstre avale, jamais satisfait et désireux de lueur rouge, écarlate, amarante, jais!

Fracas centenaire, fossile énorme mouvant et mugissant de vieillesse. Les montagnes exessives roulent avec une lenteur lascive sur les plaines riches. Le longs corps majestueux fait l’amour à sa propre matière bistré dans une splendeur aveuglante. La fourrure herbeuse comme manteau vivant couvre les chairs plombées de la splendide sphère antédiluvienne. Force incroyable au désir important, rien d’inélégant ne survit sous sa main draconnienne. Malgré une volonté massive, l’astre de rocaille s’est fendu, dénudant son sang cendré. Interminables vallées, chaud déserts pâles, sylves colorées, froideur bleue en couronne, le plus grand des êtres se meurt pour ses enfants!

Volute charmante et éphémère. Zéphyr entêtant qui chatouille les nuages volumineux. Matière impalpable et présente, joueuse et capricieuse. D’une longeur fantasque, le chimérique borée transporte les saveurs de sa cousine de glaise. Sa douce guise fait plier les roseaux de bonheur alors que sa fâcherie expatrie les demeures de ciment ainsi que les saules aux cheveux emmêlés. Folâtre est le plus discret des ainés, il se glisse sous les jupons junéviles ainsi que dans les orifices des chasmes pour pépier harmonieusement les plus beaux cantiques. Jamais Homme n’a pu le capturer. Sauvage est louise lorsque les voiles l’implore. Mordant peut être son discourt lorsque la neige suit son passage. A jamais décoloré, l’aquilon cherche le repos en courant sur la mer et la terre.

De tous les aieuls, les remous du cobalt sont les plus terribles. Toujours assoifé de talion, la dame ardoise dicte sa volonté partout ou la surface est arrondie. Elle englobe sa mère et lui arrache des pensées. Elle rejette sur les débris les chapitres qu’elle n’aime pas. Sa chevelure ivoirine s’éparpille sur son corps cyanosé alors que celle-ci danse sans jamais vouloir s’arrêter. Son chant est cristalin et ses pleurs réjouissent tous les contadins. Toutes les abîmes désirent remonter dans les nuages pour courir une fois de plus sur les veines de Mère. Jamais sujet ne pourra rester immobile et vertical lorsque sa soif de menuet bleu devient plus forte que la volonté de son amie. Foehn ne refusera jamais une danse cadavérique dans les champs de l’astre avec elle. Mais par dessus tout, son affluence sera encore porteuse d’âme lorsque tout sera terminé.

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