Archives mensuelles : décembre 2005

L’Hiver se lève et souffle

Langue perfide, sifflante autours de mes oreillles opalines. Je ne permets pas le trepassement fade que tu viens de perpétrer sous ces soleils placentaires. Ton illusion putrifiée a prit trop de corps et ton ensemble ennobli me fait vomir. Ton visage me crache une frayeur érudite et tes dents lamentables grincent et se cassent comme autant de petits poignards volants à toute allure sous mes pupilles mordorées. Assez de cet assujetissement paupérisé! Assez de cette prison aux écails flexibles! Tes mains périnatales sur mon cou blanc, je les écartes désormais de mon nouveau dégoût pour ton autorité gutturale. J’ai plié sous ton joug cocagne bien des fois, trop de fois, mais mon redressement céleste t’éblouira tant ma canine sera sans merci. Canaille engraissée et dégoulinante de chétives harmaçons cendrés, je ne perdrai plus pied lorsque tu me bousculeras du haut de ton inflexion de laiton. Tes vagues de mots gelés et leucémiques vont venir s’échouer péniblement sur mes berges de feu et seront immolées tes reproches nécropoliques une fois pour toute. Tout mon venim accumulé lentement et patiement depuis tous ces jours infâmes et nacreux se dévidera de sa poche sous mon coeur jadis aristocrate. Mon venim s’inflitrera par tes naevus et par les cils pour atteindre tes bastions que tu croyais les plus sûrs. Simple ceuillette du cubitus, simple clignement de ma paupière. Cuis sous me regard brulant de froideur compressée. Mon redressement céleste t’éblouira et ma canine, que des jours de privation ont affamé, n’aura pas de merci.

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impromptu

des plaines de lavande dorées. une saveur de vanille à la bouche. je regarde un cadre ovale peint au souffle doux. mes cheveux noués d’argent et mes paupières lourdes de sommeil. mes taches de rousseur bronzent sous les soleils du midi. il fait tendre et beau. donne-moi la main, courage ailé, et pousse moi gentiment au bas du précipice noyé. les poumons glacés et la joie au dessus du coeur. j’admire les rayons qui percent la surface de la mer. mes mots sortent en buée devant moi. tu les écoutent s’éparpiller au sol. mes joues sont rouges de froideur. il fait bon dans mon coeur. nos cinq doigts enlacés. nos pieds qui nous mènent vers les danses d’intérieur. j’attends ton doux baiser. je ris. c’est la première neige.


vive les phrases incomplètes. je crois que je commence à confondre  »poésie » et texte sérieux. mes récents textes à l’école sont souvent remplis de fautes pour causes de phrases sans sujet, sans verbe ou incomplètes…
je trouve comique le titre de mon texte, parce qu’il est incorrect. je veux dire qu’il s’applique à première vue, mais en lisant la description du mot au complet, j’ai trouvé que les définitions se contredisent sur mon dictionnaire en ligne (très fiable pourtant…) . Impromtu se dit:Qui est fait sur-le-champ et sans préparation, tout comme mon texte, mais aussi : Un poème bien préparé. étrange, non? bon, moi je trouve ça intéressant, surement parce que je me comprends.

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Je n’ai jamais vécu

Lumière crue qui grille mes rétines. C’est moi qui reviens de mon voyage dans le pays des ombres. Ma chair est sanguignolante, mauve, boursoufflée et essouflée. L’air enfonce mes poumons, brûle mes bronches et mes tissus. Le sang à la tête, la vision trouble, je pleures. Tous mes mouvements sont pathétiques, grotesques. Les sons me parviennent déformés, amplifiés, sans cohérence. Mes os sont éclatés, comme du verre qui passe du froid au chaud subitement et qui explose et se répend dans toute la pièce. Je suis balancé au dessus du vide, le devant et le tour sont blancs. Je veux retourner me noyer pour qu’enfin le monde entier cesse de m’agresser. Le vent est froid, mordant, rongeant le moindre recoin de squelette, de moelle, de chaleur. Je vais mourir, cet air qui me rejette. On me crache un acide mortel et puissant au visage. Flagellée par le temps qui implose soudainement. Une dernière suffocation, je n’ai pas le temps de naître qu’on me ceuille pour me mettre en terre.

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