Archives mensuelles : novembre 2005

Arbre de ciment

Ah! Mon coeur se peine à l’approche de notre séparation fatidique. Déjà la dernière complétion de notre non-fréquentation s’est égrainée, telle un phoque maritime bigaré chassant le thon violacé au large de Terre-Neuve. Si vite. Trop vite. Je te laisse qu’une petite roche polie et grafingée. Je sais que c’est bien peu pour graver à jamais notre idylle céleste dans ta mémoire. C’est fou ce que j’aurais eu a te dire si je n’avais eu cette peur poisseuse qui me retenait à l’intérieur de moi-même. Comme un hippopotame arthritique qui se noie dans le lac Louise en criant qu’il trouve le gingembre bon.

D’ailleurs, j’ai peur de mourir de peine en ne voyant plus ton jolis minois de Nordique dans ma soupe Lipton. Ah! Comment t’expliquer, jeune arbre encore tendre, ce que mon coeur flexible ressent? Ne devrais-je pas me réjouir à l’idée de quitter cette prison de vent? Endroit lugubre et tollard qui siffle en dessous de la peau. Eh non, mon coeur est attaché par les barbelés de ton charme charismatique. Que la Terre a des problèmes à régler et j’ai bien peur que mon dilème ne feras pas partie de ses questionnements à elle. Tout au plus un livre de chevet.

Pourquoi ne pas nous enfuir tout les deux et aller vivre en hermine dans la nature. Personne ne pourras jamais nous retrouver, sous les tonnes de plumes agares que j’ai accumulées. On pourrait se faire un petit abri et y vivre dans la quiétude tels un vieux couple de bichons caracolants dans les grandes plaines. Je le vois bien dans tes yeux que malgré tout l’aventure t’inquiète et t’effraie autant qu’un demi-unijambiste borgne et oblique qui mandie sur le coin des âmes poussières. Ton coeur doute de ma sincérité, n’est-ce pas? Ne crois-tu pas que les chauve-souris du sud-est du Kamchatka ont aussi doutées avant de se déclarer capitalistes au sein de l’U.R.S.S? Je ne ferai rien pour le convaincre. Je ne parlerai même pas, ne te gratifierai d’aucun regard en ma faveur.

Demain, j’irai marcher dans un champ de gravelle pour voir si mes souliers sont aussi élastiques que je le prétend. Si te temps est beau, je devrais pouvoir observer les fameux coléoptères antiques qui sillonnent les coteaux mouchardés de mon jardin ces temps-cis. Je me sens avilie, à la veille de rendre mon dernier souffle tel un yack touché en plein coeur, tué par la vague orange qui me regarde mourir, une lueur de taquinerie dans les dents. Je sais bien pourtant que je devrais me résigner à te perdre à jamais, mais un souffle étrange et mosaïque me balaie l’intérieur . Souche gangrenée par un rat lépreux. Tu es une maladie, une malédiction heureuse qui m’a frappée de plein fouet ce jour ou le ciel était bas et champêtre.

Tu ne t’en rends pas compte? Peut-être que cela t’impote peu d’ailleurs, que je sois sur ce fil tendu et prête à tomber dans le vide tel un funambule australien grippé qui s’effondre sous le poid du lémur pastoral qu’il transorte sur ses épaules. Peut-être que ça t’importe peu au fond. Au fond de quoi? C’est à toi de me le dire. Tout était calme, tout était bien, tout était swell avant que tu ne déboules comme un aigle handicapé dans mon univers de marshmallow.

Je suis encore toute retournée de notre première rencontre. Cinq, six boutons sont une tare. J’ai sombré telle la corneille éphémère qui hurle au clair de lune d’un printemps bancal et qui louche d’une oreille croquée carottée.

Réveil, recommencez à rebours. La fin n’est pas bel bien le début et l’homme n’as jamais existé. Tiens-toi en pour dit.


revu et corrigé (si on veut) mais pas nécessairement amélioré.
beaucoup plus long, on émonde les mots à la transcription
je crois qu’il aurait du venir avant Fleur de Bitume.

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Fleur de bitume

Ah amour, ô âme-soeur joyeuse. Ma magnifique fleur de bitume, je ne puis me taire plus longtemps! Les saisons ont passées et malgré mes efforts surhumains, je n’ai pu effacer ton joli visage de mes pensées caracolantes et carrées. Ces semaines m’ont parrues des années inombrables qui me laissent agonisantes comme un pauvre mille pattes coincé dans un vivarium gelé à l’odeur de raton-laveur pelé. Oh! comme la folie est bien souvent venue me susurer des numéros de pizzeria et oh! combien de chemises à trois manches m’ont étées offertes! J’ai parcouru un long chemins de dos de marmottes pour arriver à te retrouver, ô brebis, jeune cabri bancal, chamois spasmatique, doux opposum sans oreilles ni yeux! Enfin, après un voyage fatigant , rond, merluchard, grumeleux et bleu, je puis te faire parvenir mes doux mots. Tu es beau, sale gonhorée mignonne, oui, tu es beau et être privé de ta lumière triangulaire me réduit bien contre mon gré en un pauvre albatros albinos qui cherche des canneberges dans l’Ohio central. Ce que je veux te dire, amour, c’est comment tu ressembles à un veille perruche borgne de profil. Je le sais bien que tu es occupé à hollocauster des trous de chiens de prairie et à manger des doritos octogénaires, mais veux-tu bien trouver un petit moment dans ta vie mouvementée de marin irlandais saoul pour moi? Peut-être avec la chance du russe nous pourron enfin être réunis pour le meilleur et pour la chaise a deux pattes. Ô grille-pain reluisant de séduction! Je ne puis te le dire assez souvent; reviens! tu me manque, va me manquer terriblement et je crois que mon coeur grugé par le vice individuel de temprance va bientôt flancher. Je roules sur mes coudes des journées entières faute de quoi de mieux. Quitte tout!
Je t’en prie, quitte ta position de schizophrène et bossue pour venir me retrouver. Allons habiter sous un patio de macramé pour élever une colonie de nains pied de bot et plus ou moins unijambistes. Si tu n’as pas de talent à jouer de la flûte, c’est pas de ma faute, mais pourquoi ne pas jouer des claves en plastique tous les deux entre deux boîtes de peanuts planters vertes à place? Awww pourquoi m’opposes-tu toujours cet étanche mur de surdité? Je sais qu’au fond de toi tu es comme un écureuil sur un cerf-volant. Etre ou ne pas être dyslectique et tyroïde sans ton regard doux, louchant et ardoise? Être aimé par toi serait comme débouler de l’ascenceur papal en lisant Alice au pays des merveilles. Mon oeil est en abîme et mon quatrième mur arraché sans toi! Le téléviseur va s’écraser sur la cité de ma vie et les palmes hérissées et grancantes va déchiqueter les derniers jours glorieux et nauséux de l’orient orienté ver l’orignal original. Ah! Sale russe roux riant roucoulant rasé à raquettes risollées! Comment oses-tu te moquer de Protagoras? Tu n’es pas mieux que ce pisse-vinaigre de Socrate quand tu fermes tes orteils et tes narines à mes supliques. Idiot. Si tu continue, tu va me perdre.


pas grand chose a comprendre, quand on écrit juste pour le fun de mettre des mots ensemble.

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Vaste terre

un lit sans toi c’est l’absence d’un deuxième souffle qui chante avec le mien c’est l’absence d’un vent sur la plaine un lit sans toi c’est un vaste étendu non-occupé à mes côtés c’est un matelas pourtant petit devenu énorme et froid un lit sans toi c’est une solitude concentrée dans un sommeil agité c’est le manque de ta peau douce et invitante collée a la mienne c’est le vide qui n’est pas rempli de tes caresses de tes mains c’est la mélodie que tu t’amuses a créer sur mon corps qui a cessée un lit sans toi c’est dormir qu’avec seulement la moitié de moi c’est une regard profond dans la pénombre que je ne vois pas c’est ce sourire incomparable que je ne peux embrasser un lit sans toi c’est la preuve que tu es loin de moi c’est une couverture qui ne sera pas déplacée un oreiller intact un lit sans toi c’est moi seule qui pense a toi c’est aussi une attente interminable jusqu’au lendemain ou j’espère pouvoir te voir un lit sans toi c’est une existence qui passe sans être vécue un lit sans toi je n’aime pas quand ça arrive


pas de ponctuation, même si le texte original en avait.
dans mes pensées, je ne mets pas de points ni de virgules.

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L’injustice du papillon

Apprivoiser une bourrasque gelée, farouche. Me battre contre les vents des septs revolvers. Le désert sèche mes dents, éblouit ma peau autrefois criante d’alphabet. Remonter les dunes molle et traitres. Je vais te vaincre, nature, je vais m’élever contre l’injustice du papillon. Un battement, un ouragan de détresse avorté d’un cillement pacifiste. Obtenir le traité de paix immense et argent. Une constellation de chiffres dans le ciel pour faire le juge du loup seul. Cri, mon frère. Saigne! rocher des mers de noms. Je vais combattre l’injustice du papillon qui fait de moi et toi et son corps des esclaves du soleil déclinant. La grande respiration avant la culbute de fer qui écrasera l’huître au fond de l’océan. Les dernières lueurs du crépuscule qui meurent entre mes doigts. La dernière danse avec la mort et l’arbre. L’injustice du papillon traine les sirènes sur les glaciers et les souffles chauds des plages de diamands qui deviennent poison. Les louanges aiguisés se perdent dans le fond des coffres cireux et anciens. Les larmes du flamand écartent encore la fosse tranquille qui grogne au détour des sabots. Un seul pied, l’autre occupé, me retient encore sur les côtes enneigées. Le fond du verre approche et ensuite sera le repos abondant. L’injustice du papillon crédite les invasions de ballet sur une scène disjointe et atrophiée. File vers le précipice, jamais le dernier pas ne sera franchit, bénificie de la bénédiction du baiser savoureux. Les mains attachées je me bats sans souffler ni souffrir un mot. Donne ton âme pour traverser, pour signer la pétition du quadrupède. Le pétrole servant de couvert à ton repas ne peut plus être protégé. Laisse faire et bats-toi insensiblement. L’injustice du papillon a tué la Terre hier.

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Le déjà vu dans la buée

Le sommeil étanche, le souffle court. Les impressions de déjà vu m’habitent bien malgré moi. Un mot, un regard, une lumière. Ce frisson surnaturel le long de mon dos. Je te connais, toi, tes allusions, tes gestes clairs et ralentis. Mon corps te reconnais, ma tête te découvre. Les mots se cassent sur mon esprit chétif. Les phrases s’enroulent et se déroulent comme autant de serpents vicieux et perfides. Des crocs de glace contre une âme sans boussole. Les coups de patins, je les connais, ils sont imprimés dans ma chair. La danse m’est familière, habituelle. Je ne suis jamais venue ici, mais je connais pourtant cette forêt aux arbres vêtus de souvenirs. Ton corps n’a pas de secret pour moi, je connais tes chemins, ta valse. Au premier coup d’oeil. Une impression de déjà vu. Une embarcation au milieu de l’océan gémissant et vomissant des aventures chamoirées. Une fracture factorielle dans la surface dure du temps. Tes yeux, tes cils comme les vagues d’écume séduisantes. Tes mains me brûle. Autant j’ai envie de t’aimer, autant je recule, appeurée de te connaître tant. Une impression de déjà vu dans le vent de septembre qui guidera mes pas jusqu’a notre prochaine rencontre, fantôme.

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